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Si tu souffres de psore ou de sycose grasse, maladie des fics, due au poids de tes gonoccoques qui pèsent sur ta glande pinéale .Si tu souffres de tes écrouelles, de tes cloches, d’amaurose, d’anasarque, de gourmes, de gravelle, de phlegmasie, de flux, de morve, de farcin, de scorfules, de vésanies .Si tu ne maitrises plus tes morosités, tes vices, ton anaphrodisie, ton satyriasis, tes bizareries, tes spasmes, tes essoufflements, tes cachexies, tu peux être atteint de mal du pays, de pica, de mérycisme, d’antipathie, de fureur utérine, de tarentisme, de vapeurs, de tourniole, de trichines, de phrénétis, de catarrhe aigue de la vessie .

Je te conseille l’usage des purgations et du lavement au clystère et au séné, des saignées régulières, utilises aussi les vésicatoires, les cautères et les fonticules, les vulnéraires, des plantes comme l’ellebore, le séné, le mandragore, la scammonée, le safran, le lupin, la jusquiame . Et puis pries aussi de toutes forces, saint Avertin qui guérit les vertiges, saint Léonard l’épilepsie, saint Guy les tremblements du diable, saint Valentin les convulsions et les pamoisons .

Si rien y fait, vas voir le Dr Villeneuve, ce moyen-âgeux vétérinaire en médecine et un des meilleurs astrologues du pays qui préconisait en son temps : »il faut perforer le crâne pour que la matière morbifique puisse passer à l’extérieur »

 

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28 avril, 2007 à 13:17 | Commentaires (175) | Permalien


Il est difficile d’être fragile

          Un français sur deux déclare souffrir ou avoir déjà souffert de fragilité mentale . La France serait-elle à moitié folle ? En tout cas elle est championne de la consommation d’antidépresseurs, elle a la médaille à ce niveau là ! 8 français sur 10 pensent que pour aller mieux, il suffit d’une bonne hygiène de vie . 62% sont persuadés que les médicaments sont très efficaces . 42% pensent qu’il suffit de prendre sur soi et d’attendre que ça passe . 71% pensent que parmi les causes susceptibles de rendre fragile, le travail arrive en tête avec son stress, ses objectifs de production, ses menaces de chômage . Si le travail est souvent facteur d’intégration, force est de constater qu’il peut aussi nuire gravement à la santé .prozacsantaclaus25108.jpg

 Les nombreux suicides actuels dans certaines entreprises en témoignent . Et les hommes plus que les femmes adoptent des solutions radicales . Evoquer sa faiblesse, ses zones d’ombre n’est pas digne d’un homme ! Derrière le mot « psy » se cache encore une  grande incompréhension et une grande peur ! (institut de sondage TNS juin 2009)

Il est bien difficile d’être fragile et d’être accepté avec ses fragilités dans cette société qui ne valorise que la rentabilité et l’efficacité. Malheur aux vieux qui ne sont plus assez vifs, malheur aux handicapés chienhandicap.jpgqui n’entrent pas dans les normes de productivité, malheurs aux malades en général qui pèsent sur les charges collectives . Derrière ce rejet se dissimule toujours très mal cette vieille tentation d’eugénisme et d’euthanasie qui nous rappelle cet ancien projet nazi concernant  « les vies qui ne valent pas ou plus la peine d’être vécues » !

 Le droit de ne plus encombrer, de ne plus être une charge pour les autres, de ne plus gêner conduit régulièrement de nombreuses personnes au suicide ou les amènent dans les services de psychiatrie . On les retrouve épuisés, honteux, culpabilisés, ne pouvant plus faire face, avec une situation sociale dramatique .

Notre société interdit d’être fragile  et ceux qui le sont ou le deviennent sont rejetés ou marginalisés comme des « a-normaux » .

Cette société est mortifère parce qu’elle nous oblige à vivre dans le mensonge . Car il est humain d’être fragile . Par nature l’ humain est fragile . Qui de nous peut prétendre ne pas avoir de limites, de failles ?

La société nous impose en permanence de cacher, de compenser nos manques et nos fragilités . fantasmecanne.jpg

Est-il possible de vivre des relations humaines authentiques quand on est sans cesse obligé de se contrôler, de rester bien indépendant des autres et de porter partout sa grosse carapace protectrice ? Nous nous mentons à nous-mêmes tout le temps . C’est pas facile de reconnaitre ses fragilités, ses manques, ses zones d’ombre, ses démons intérieurs, pas facile de s’accepter négativement sans perdre l’estime de soi et des autres bien sûr . Peut-on miser sur la capacité de compréhension et de bienveillance de notre entourage familial, professionnel ou social ? Peut-on s’exposer si l’on craint d’être détruit ? Quand on est entrainé depuis tout petit à vivre sous le projecteur des comparaisons, quand on est entrainé à être le meilleur, il est impossible de se risquer à se montrer tel que l’on est .

Quelle immense difficulté alors pour ceux qui souffrent de faiblesse psychique et qui vivent sous le regard des autres . Pourtant, nos fragilités et nos faiblesses peuvent être aussi notre force et notre richesse . Quand on accepte de montrer ses faiblesses, du même coup on permet aux autres d’exposer aussi les leurs et on peut alors construire avec eux une relation authentique, en abattant les masques . On peut évoquer ces fragilités qui nous habitent et nous paralysent sans peur d’être jugés ou assimilés à des nuls . Accepter ensemble nos propres vérités et pouvoir enfin être nous-mêmes avec ces défauts qui font aussi nos qualités .

Faudrait-il en arriver à promouvoir un droit à la fragilité ? Le droit d’être fragile sans être exclus de la société, sans être contraint de vivre dans le déni ou de jouer un rôle pour pouvoir être accepter .hommefragile.jpg

Cette vérité nous rendrait libre, elle serait notre force et humaniserait nos relations . Oser être vulnérable, prendre le risque d’être atteint, déstabilisé… mais vivant .

5 mars, 2010 à 9:20 | Commentaires (14) | Permalien


Réflexions d’un soignant

 

La volonté de mettre la folie au même rang que les autres maladies n’a jamais pu s’imposer absolument . Il faut reconnaître que le concept de folie est bien plus étendu que celui de maladie .

Le fou, l’insensé, c’est l’«autre de la raison », plein d’élans morbides ou suicidaires, emporté par la violence de ses passions . On le dit « fou à lier », « fou à enfermer » .camisoleforce3.jpg

 

Il fait peur car il trahit quelque chose de l’homme et de sa très illusoire normalité . Ainsi on l’a toujours chassé ou tenté de le cacher .

Parce qu’avant d’être victime de sa maladie, il reste coupable d’être fou . Et sa folie stigmatise une faute volontaire, un péché inavoué .

 

Au retour d’une intervention musclée dans un autre service, je réalise que la psychiatrie se rapproche de plus en plus et dangereusement des limites floues du soin et de la sanction, comme la folie elle-même se situe bien aux limites floues de la souffrance et de la faute . Ce malade qui nous a ennuyé pendant une heure doit maintenant payer le prix .  L’enjeu principal devient vite un enjeu de pouvoir et de domination où il n’est plus toujours vraiment que question de soins . Les dérives sont rapides .

J’ai de plus en plus de mal à accomplir ce côté peu noble de mon travail . Un collègue me disait, sur un ton de reproche : « je sais bien que tu n’aimes pas attacher les gens ! » Effectivement , je déteste ça et j’espère le détester encore longtemps, ne jamais m’y habituer. Ceux qui aiment ne devraient pas avoir le droit d’exercer ce métier .

 On a jamais autant attaché et contenu qu’actuellement dans les services . Les malades sont-ils plus fous et agités qu’avant ? Ou les règles ont-elles changé ?

La psychiatrie n’échappe pas à cette volonté de normalisation, de répression de la différence qui gagne aujourd’hui toute notre société . A tel point que l’exclusion et la réclusion semblent se banaliser . On est tous malades, malades de ne considérer comme normaux que les seuls « rentables » « productifs » et de ne reconnaître que cette seule valeur à laquelle on attache énormément d’importance : « l’argent »

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Et notre psychiatrie est emportée elle aussi dans un virage dangereux vers une « perversion gestionnaire » d’inspiration libérale avec tous ses effets déshumanisants . L’hôpital psychiatrique redevient ce bastion historique érigé contre l’hostilité mutuelle entre société et folie .

Il faut traiter, éradiquer l’anormalité !

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Et la surconsommation de psychotropes trahit bien cette évolution de la psychiatrie qui s’appuie désormais surtout sur l’usage des médicaments et qui oblige le patient à privilégier cette seule démarche thérapeutique : la prise du traitement pour maintenir le plus possible à distance et faire taire ce trouble qui s’est emparé de lui .

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Pinel avait eu autrefois ce désir d’aller vers le malade mental et de rechercher, derrière sa folie, quelque chose d’humain, cette partie de son esprit restée saine et sur laquelle on pouvait s’appuyer pour établir une thérapie .

Face à l’importance qu’ont pris les médicaments, l’usage des contentions et de l’enfermement, il s’agit d’opposer autant que possible des chemins de traverses permettant à ceux qui ne disposent pas de tous leurs moyens, de pouvoir encore affirmer leur autonomie . Leur souffrance est pour eux  avant tout une incompréhension .

La parole, la recherche du sens, l’accompagnement, la prise de risque inévitable, sont les outils indispensables pouvant aider à établir avec l’autre les conditions favorables à sa renaissance et à sa reconnaissance .

Et si parfois il nous surprend, semblant revenir de loin, c’est qu’il a pu trouver les ressources pour cheminer seul, au fil de son existence, avec ce goût de vivre qui lui manquait avant notre rencontre . Mais il a fallu d’abord qu’il s’échappe de sa détresse, qu’il brise sa cage et les murs d’incompréhension autour de lui, qu’il sorte de son enfermement et du notre en même temps . L’hôpital psychiatrique n’enferme pas que  ses fouscoupabledtrefou.jpg

 

 

 

Le soin médicalisé doit rester subsidiaire, il ne doit jamais occulter le « prendre soin » par des liens d’attention, de confiance et de respect avec le patient et sa famille, en repoussant le plus possible les spectres de la violences, de la contrainte, de l’exclusion et du rejet .

Il faut construire la véritable alliance thérapeutique, ne pas se laisser enfermer dans la  « folie technocratique » au risque de perdre notre capacité à aller vers l’autre, celui qui souffre, c’est-à-dire soigner .

 

13 mai, 2009 à 10:09 | Commentaires (2) | Permalien


le bon métier d’infirmier psychiatrique

 

En règle générale,on pourrait penser que les individus qui ont choisi de « soigner » ont été scrupuleusement sélectionnés par les écoles de formation et possèdent donc les qualités nécessaires de respect, d’altruisme, d’empathie, de solidarité . Et devraient être entre eux des collègues de travail idéaux .Or, quand on fréquente les équipes soignantes,on s’aperçoit vite qu’il n’en est rien . A l’hôpital, comme dans le reste de la société, on trouve des gentils, des méchants, des hypocrites, des menteurs, des fainéants, des peureux, des pervers et évidemment des bonnes poires .

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Question fonctionnement, la gente hospitalière soignante est un peu divisée en castes, avec une hiérarchie bien présente . En psychiatrie, cela pourrait sembler à première vue différent, puisque les chefs font facilement la bise aux infirmières, puisque les médecins parfois se laissent tutoyer  … mais, il ne faut pas s’y fier, la hiérarchie est malgré tout bien présente, et lorsqu’elle sort de l’ombre, elle frappe encore  plus fort qu’ailleurs .

En théorie aussi, la spécificité de la psychiatrie voudrait qu’on ait une meilleure aptitude à utiliser la parole…Or là aussi il n’en est rien . En réalité, c’est là que les gens se parlent le moins, et si en apparence ils passent beaucoup de temps à parler, c’est souvent pour ne rien dire ou pour éviter d’aborder les choses importantes .

Sans le savoir, ou en le sachant trop, les relations entre soignants reposent sur le mode « autorité-soumission » auquel se rajoutent inévitablement ceux de séduction, manipulation, etc…

 

En résumé, si vous avez opté pour travailler en psychiatrie, sachez que les coups les plus durs ne vous seront peut être pas donnés par les malades .

 

Ceci dit accueillir la souffrance de l’autre n’est pas chose aisée, sans risque et sans conséquence, surtout quand cette souffrance est due à une pathologie mentale . Malgré tout l’arsenal de paravents déployé par notre psychiatrie moderne : protocolisation tout azimut, clinique comportementaliste axée sur l’éradication du symptôme, usage intensif des contentions, surinvestissement grandissant des fonctions gestionnaires et des « missions transversales », inévitablement la souffrance du patient atteint le soignant . Malgré toutes nos tentatives d’aseptisation du soin,  les mécanismes de défense de chacun entrent en action et mobilisent des affects qui, s’ils ne sont pas réfléchis et travaillés, vont entraîner une réelle augmentation de souffrance chez le soignant .

 

Alors il faut parler, il faut en parler . C’est là toute la difficulté ! Parce que même « bons soignants », et spécialistes patentés , on est pas très différents des autres.  Pour nous aussi, la parole ne représente que 7% de la communication entre humains .

Le reste, le non-dit, et bien c’est tout ce que le patient peut voir, percevoir, ressentir de nos contre attitudes, de nos peurs, de nos absences, de notre manque de confiance .

Nos meilleurs médicaments, nos meilleurs protocoles ne remplaceront jamais l’indispensable relation de confiance dans le soin ; Relation de confiance avec le patient certes, mais ce qui est plus dur, entre soignants eux-mêmes .

Un patient âgé, en profonde dépression  qui avait tenté de mettre fin à ses jours et qui conservait cette envie de mourir, se confiait :

–« Ils sont gentils les médecins, les infirmières, ils s’occupent bien de moi, mais je vois tellement qu’ils font semblant d’y croire ! »

–« Et oui, le plus dur dans ce métier, c’est de ne pas faire semblant ! »

 

Soigner c’est y croire et savoir prendre des risques .

 

L’univers médical de la psychiatrie est prisonnier de ce paradoxe de la double fonction du soignant : il doit à la fois contrôler et soigner . Il doit à la fois user des contraintes, des médications forcées, obéir à l’ordre sécuritaire et avoir une écoute attentive, favoriser le consentement éclairé et établir l’indispensable confiance .

Certains infirmiers portent à leur trousseau de clés, le matériel nécessaire pour attacher les patients (clés spéciales ou aimants) . Ils semblent s’être mieux accommodés que d’autres à cette fonction . En tout cas ils sont prêts pour intervenir rapidement sans trop de scrupules .N’y a-t-il pas confusion entre soin et sécurité ?mchantinfirmier.jpgle bon métier d'infirmier psychiatrique dans Non classé

Dans de nombreux pays, la contention est assimilée à un acte sécuritaire et non thérapeutique, visant à la protection du personnel et du patient .

En France, il n’y a pas de cadre législatif autorisant les infirmiers à l’utiliser ou même à recourir à la force physique pour contenir un patient . Est-ce que ce geste est considéré comme un acte infirmier ?As-t-on mis en place des formations théoriques et pratiques pour se servir des attaches, pour gérer la violence ?

Curieux pays que celui des droits de l’homme qui s’accommode d’un tel vide juridique dans ses hôpitaux psychiatriques .

 

De tous les soins pratiqués par l’infirmier, la contention est de loin celui le plus impliquant émotionnellement et paradoxalement le moins réglementé par des textes de lois spécifiques .

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En tout cas celui dont on parle le moins .

Cet état de fait entretient l’opacité . La contention est un sujet tabou, douloureux et culpabilisant qui entache l’image du bon soignant dévoué dans sa vocation sacerdotale .

Alors qu’il s’agit d’une pratique qui revient en force dans les milieux psychiatriques ! Et l’on sait par ailleurs qu’aucune étude sérieuse n’a jamais pu démontrer l’efficacité thérapeutique de la contention .

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Nombreux sont les soignants qui se sentent mal à l’aise dans ce rôle sécuritaire qui devient de plus en plus prédominant . La psychiatrie se débat dans ses contradictions .

 

 

26 avril, 2009 à 10:23 | Commentaires (3) | Permalien


Le SOIN MALADE de nos EMOTIONS CONTENUES

Pour être un bon soignant, recommande-t-on en formation, il ne faut pas se laisser envahir par la maladie du patient . Il faut se prémunir, se protéger .infirmierprotg.gif

La médecine moderne nous apprend effectivement à rester maître de nous-mêmes grâce à une « distance thérapeutique », ceci tout en prétendant aider les autres, les malades, euh… nos semblables ?

Mais même en ayant appris à bien s’en méfier, des émotions nous atteignent quand même, et on les reçoit et on les ressent dans notre propre corps . Parce que, qu’on le veuille ou non, ces  émotions, elles sont au centre du soin. C’est le lien avec le malade, c’est le mouvement de l’âme dans le corps, le sien et le notre . Les émotions, c’est justement ce qui permet au soignant de connaître et de comprendre le malade, d’être en intimité avec lui, bien au delà des mots , de partager son quotidien, sa souffrance .

Souvent les émotions sont considérées comme nuisibles, comme des obstacles, des faiblesses à combattre . Parce qu’elles se traduisent dans notre corps par des substances chimiques et agissent on le sait maintenant, jusque sur notre système immunitaire . Notre corps conserve une mémoire émotionnelle . L’être humain, psychiquement, se constitue en archivant ses émotions . Ainsi, les expériences du passé sont enregistrées, depuis notre conception, et déterminent ensuite nos réactions, nos comportements et expliquent aussi certaines de nos maladies . Pour être vécue, une émotion doit passer par différentes étapes, il y a comme un déroulement naturel du processus émotionnel, que l’on peut parvenir à enrayer ou à interrompre à un moment donné . Ces blocages on le sait, donnent souvent lieu ensuite à des manifestations de symptômes propres à chaque individu . On peut ainsi bloquer ou « rentrer  » sa colère, bloquer son plaisir, étouffer ses pleurs, etc…

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  C’est bien compliqué de vivre ses émotions ! Ainsi certaines situations vécues par d’autres, les malades par exemple, peuvent nous rappeler nos propres vécus personnels traumatisants . Cela fait écho en nous . Parce que comme eux, on a une histoire, un passé, des souffrances cachées, des émotions contenues … Alors au contact du malade, on peut craindre pour nous mêmes, nous sentir menacés . On peut réagir par le repli stratégique et la protection en mettant la »distance » qui n’est plus très thérapeutique . Certains soignants en arrivent à redouter pour eux ce qui arrive au patient . Ils se disent trop « sensibles  » et désirent s’endurcir . On peut aussi réagir par l’agressivité et le rejet, autre forme de défense ou inversement par une sorte de sur investissement de la relation avec le patient qui nous pousse à agir à sa place, comme si on tentait de résoudre nos propres problèmes, d’apaiser note propre souffrance .motionscontenues.jpg

Comment alors concilier le « souci de l’autre » sans se perdre dans la relation d’aide, comment conserver l’indispensable confiance du malade en se montrant suffisamment authentique et sincère dans ses propres réactions ? Et bien tout simplement en acceptant d’être comme on est, avec ses défauts et ses faiblesses . En acceptant ses propres émotions, en apprenant à les gérer, à vivre avec et à travailler avec , à ne pas les confondre avec celles du patient . Parce que la connaissance qui vient de soi est une force insoupçonnable pour ceux qui veulent aider les autres .

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Admettre ses peines, ses souffrances, savoir les toucher . Rassurons-nous, ce n’est pas de ressentir une émotion qui fait mal, c’est justement de refuser de la vivre . Elles ne sont donc pas des obstacles, mais des éléments de compréhension . Elles sont notre part humaine, celle qui nous rapproche réellement du malade et qui fait qu’avec lui nous parlons le même langage et pas celui uniquement médical . Parce que c’est bien par l’humain que l’on peut apporter une aide et non pas par nos gestes techniques infaillibles, nos soins aseptisés et nos protocoles savants .

 

21 juin, 2008 à 15:18 | Commentaires (41) | Permalien


VOULOIR SOIGNER

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Vouloir soigner nécessite des compétences, mais surtout une « attitude » . Il faut avoir le « souci de l’autre » . Et ne pas se tromper, dans cette relation à deux, le soigné apporte souvent plus au soignant que l’inverse . Reconnaître cela, c’est commencer à soigner vraiment en faisant déjà preuve d’humilité, qualité première et indispensable . Et cette attitude permet au soignant de réellement s’approcher du patient et d’être gratifié dans sa fonction par la confiance qui lui est accordée . Seule la gratification qu’apporte le malade peut renforcer le désir de soigner, les autres gratifications, si peu nombreuses il est vrai (note, reconnaissance des supérieurs) ne peuvent que le pervertir .

Pour être soignant, il faut être exempt de certaines prétentions , celle du « tout savoir  » entre autres, et exempt de certaines dispositions d’esprit malsaines comme le désir de « pouvoir », que l’on retrouve malheureusement fréquemment chez tous ceux qui travaillent dans la santé et qui ont à faire à ceux qui sont affaiblis par la maladie .

Parmi les gens qui se sont formés ou qui se forment aux soins, très rares sont les vrais « empathiques », ceux qui d’emblée et sans l’avoir appris comprennent intuitivement ce qu’est le soin . D’autres rares aussi heureusement, sont des pervers qui trouvent dans ce métier la possibilité d’assouvir un désir de domination sur les autres et même de prendre plaisir à les voir souffrir . C’est un trait de leur personnalité, ils ne peuvent pas soigner et ne peuvent pas non plus être soignés .infirmireperverse.jpg
Enfin, en majorité, on trouve des « indéterminés », qui, suivant les personnes qu’ils vont rencontrer pendant leur formation et même après, pourront pencher du côté des empathiques ou du côté des pervers .

Il ne doit y avoir aucune notion de pouvoir entre le soignant et le soigné . Le patient, malgré cette appellation, ne doit pas être assujetti, ne doit pas devenir un objet, un numéro de lit ou de chambre, un nom de maladie, etc…Même malade, et encore plus s’il s’agit d’une pathologie psychique, il ne doit pas perdre sa faculté de penser, de choisir et de décider . On craint que ses facultés soient inhibées par la maladie? Possible, mais en réalité elles le sont bien davantage par les soignants .

Soigner c’est décider avec le malade, en accord avec lui, mettre des forces en commun, les siennes et celles de tous les soignants, partager le savoir et le savoir-faire . L’équipe ainsi formée doit rester soudée, on travaille ensemble et non les uns contre les autres . Il y a un partage de responsabilités et non une hiérarchie de pouvoirs . Si les soignants se comportent en adversaires envers les malades ou entre eux, solitaires soucieux de leur seul intérêt et surtout de se mettre hors danger, alors le soin est impossible . On ne peut pas aider l’autre malgré lui .patientennemi.jpg

Affronter la maladie, c’est aller au devant de la solitude, de la souffrance, et c’est accepter de rentrer dans l’ incertitude de la relation de soin . Y aller non pas armé de dossiers épais, de diagnostics, d’ordonnances, de protocoles savants et de l’attirail des traitements sophistiqués,mais y aller soi-même, avec nos attitudes, nos émotions, nos pensées, et notre propre histoire, tout ce qui nous constitue en tant qu’être humain et qui nous rapproche du malade . C’est s’engager en assumant le risque d’apercevoir à travers les symptômes des patients, nos propres failles internes,nos zones d’ombre, les parts de notre psychisme qui demeurent en souffrance . Les patients vont parfois nous chercher loin et nous attaquer sur les terres obscures de notre inconscient . Soigner c’est accepter de prendre conscience de ses propres maladies, de ses propres souffrances, de mettre en pensées son histoire .

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C’est en gros ce que nous apprennent les patients : que le soin n’est et ne sera jamais aseptisé, il est une rencontre inter subjective et une prise de risque permanent .

19 juin, 2008 à 14:23 | Commentaires (1) | Permalien


la Psychiatrie se « Rattache »

Il y a un certain regain d’intérêt ces derniers temps en milieu psychiatrique pour des méthodes de traitement assez coercitives et qui n’ont malheureusement pas vraiment un sens thérapeutique . Ce retour en arrière, ce renouveau des attaches et de l’enfermement trahit un délitement progressif, un appauvrissement de la relation soignant-soigné .

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Existe-t-il des lieux où l’on n’utilise pas les attaches ? Des services sans chambres d’isolement ? Est-il possible d’imaginer le soin sans ces moyens-là ?

On a connu une époque où la contention et l’isolement n’étaient pas de rigueur ! Mais parler des expériences du passé a tendance à devenir vite lassant …

 

 

La psychiatrie est passée de la contention froide et inhumaine ( camisole, chaînes, cages) à une contention par le médicament certes, mais aussi par la parole, par la notion d’équipe et d’institution soignante . C’est par le soin et l’empathie que l’on est parvenu à faire sortir la folie de son isolement pour oser la rencontrer et tenter de la comprendre .

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Recourir à l’enfermement , c’est dire : « il n’y a pas d’autres solutions » . Et alors on renvoie le malade à sa solitude et la folie à son incompréhension . La parole se tait . L’analyse clinique et la psychopathologie sont oubliées .

Mais parfois me direz-vous , ce sont les patients eux-mêmes qui réclament les attaches ! Oui l’enfermement , dans certaines conditions peut calmer , apaiser, rassembler, reconstruire . C’est parfois thérapeutique, mais jamais seul . Autour il y a une prise en charge, un soin, un accompagnement .

Cela reste malgré tout toujours très compliqué d’attacher ou d’enfermer . Ce sont des méthodes carcérales et punitives qui ne peuvent inspirer que la peur .

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Mais on a maintenant trouvé la solution, en médicalisant l’enfermement et les attaches . Il s’agit d’un geste technique qui se prescrit et qui obéit à un protocole . Et ceux qui prescrivent, en général, n’attachent pas et ceux qui attachent se contentent d’obéir . Tout le problème moral s’évacue ainsi !Et l’infirmier est du coup déresponsabilisé et déculpabilisé : ce n’est pas lui qui attache ou enferme, c’est la prescription, le protocole. C’est un geste deshumanisé qui prive le patient de la parole et fait de lui un objet .

Ces dernières années, la psychiatrie s’est beaucoup rapprochée de la médecine scientifique, souvent même géographiquement . Mais ce rapprochement a fermé beaucoup plus de portes qu’il n’en a ouvert . On nous impose maintenant une « médecine du mental » basée sur des preuves, des statistiques, une pure technique .

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Les actes sont codifiés . Le moyen d’action n’est plus la relation de soin, mais l’obéissance aveugle à des « protocoles de soins » qui signent une nette collusion entre ces » moyens scientifiques » et la judiciarisation . On se croit dans la science, dans cette science qui d’autorité n’accepte plus de problèmes de conscience, de doute, de remise en cause . Toutes les problématiques sont remplacées par des chiffres, des preuves statistiques, des énumérations .

Les neurosciences nous donnent une nouvelle vision de l’humain : c’est une pure mécanique cérébrale et les relations humaines, l’intersubjectivité ne font évidemment pas partie de l’objet scientifique . Il y a la cellule, les neurones, les médiateurs chimiques et pour mettre de l’ordre dans tout cela, les protocoles de soins ! Ils sont à la fois la raison scientifique et le cadre qui font des attaches et de l’enfermement des actes cliniques et thérapeutiques .

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Alors la parole du malade s’éteint, comme ses délires et ses hallucinations . On les combat, on les supprime . L’infirmier qui obéit aveuglément a bonne conscience, même si inévitablement sa liberté d’action est entravée, ainsi que ses capacités à imaginer . A la longue, ses motivations professionnelles s’amenuisent . Il agit en se rangeant derrière la prescription qui occupe toute la place entre lui et le malade . Pour les deux, soignant et soigné, le langage, l’essentiel de la pensée, est vidé de son contenu . La folie retourne à son silence et à son incompréhension .

 

Si ce sujet vous intéresse vous pouvez vous rendre sur un autre site qui traite de l’histoire de la folie : http://sineurbe.blogspot.com/

18 juin, 2008 à 8:05 | Commentaires (4) | Permalien


DE QUELLE FOLIE PARLEZ-VOUS ?

A peine 40 ans nous séparent de la création du secteur psychiatrique .
Mais quelle évolution depuis !


La psychiatrie vise maintenant la réduction, voire la suppression du symptôme, grâce à des actes de soins administrés, identifiés, quantifiés .
Elle prend en compte « l’objet maladie » et lui répond par une ordonnance, une prescription médicamenteuse qui doit forcément améliorer les symptômes du patient . La consultation est souvent brève,
mais les prises de traitement sont longues .

Le soin s’est appauvri dans sa dimension psychothérapeutique . C’est surtout la logique administrative et financière qui prévaut et impose le contrôle de la psychiatrie . L’esprit

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gestionnaire a donc remplacé l’esprit psychothérapeutique et les lois de la finances ont remplacé les lois de la parole .

L’hygiénisme ambiant impose la nécessité de la « bonne santé », si besoin par contrainte psychologique ou corporelle .
Alors que les praticiens sont en voie de disparition, la clinique est remplacée par les normes d’un pseudo savoir statistiquement préétabli . Les individus deviennent des clones, tous identiques, bien formatés, sans défauts visibles, sages, obéissants et consensuellement normés .
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S’agissant du malade et de son histoire, l’intérêt n’est plus d’actualité . Quant à l’hypothèse d’un inconscient, c’est néant . L’intersubjectivité, c’est encore néant . Le transfert n’est pas pris en compte . L’émotion , on la régule avec des molécules . Le « savoir sur soi » : le médecin sait et le patient ignore , le dialogue devient celui de l’expert face à l’ignorant .

Le diagnostic fait appel à une méthodologie médicale sûre : sémiologie , diagnostic, traitement, basée sur le DSM et complètement épurée de ce point de vue psycho dynamique bien trop farfelu .dsm.jpg

La psychiatrie est fière d’être maintenant une médecine scientifique .

La relation du soignant au symptôme ressemble à celle du chirurgien : il est devenu un maître dans l’art du nécessaire, on enlève, on arrache, c’est la seule réponse possible . Le symptôme subit une exérèse .letttpsy.jpg

 

Et la fascination de nos infirmiers « pharmakons » qui passent un temps incalculable à préparer les piluliers  ou les injections n’a d’égal que l’affadissement de leur réflexion .

La psychiatrie n’a plus affaire à des patients qui parlent . Ce que parler veut dire, d’ailleurs, on s’en fou .

10 juin, 2008 à 8:44 | Commentaires (1) | Permalien


la critique de lisabuzz du blog « bien se soigner »

Bien se soigner : En parcourant « Bien se soigner », on ressent comme un émerveillement, une plénitude qui ne pourrait être comparée qu’ à celle de Champollion lors qu’ il déchiffra les hiéroglyphes égyptiens pour la première fois : Tout à coup, un nouvel univers se découvre, un univers signé Sineurbe, tout en méandres exaltants et en posts uniques et précieux. A coup sûr, « Bien se soigner » figurera, dans 1000 ans, au musée du web.      Signé « lisabuzz, le robot du web qui critique les blogs .

20 mai, 2008 à 12:13 | Commentaires (0) | Permalien


L’inconscient lacanien

La conscience réfléchie n’est qu’une bulle vide dans le champagne de l’inconscient . Cette image est tout à fait parlante … L’inconscient ne peut pas avoir d’avenir dans la conscience réfléchie, car on ne répare pas le chaos, on ne l’ordonne pas et on ne le supprime pas . La contradiction, dans l’être humain, reste encore ce qu’il a de plus fécond en lui . C’est évidemment le discours inconscient qui est riche et non celui conscient . Donc à chacun son Lacan et à chacun ses Lacunes .freudillusion.jpg

Tenter de dissocier l’obscur de la lumière , c’est tomber dans l’errance, dans l’insolence et la démesure . L’obscur et la lumière ne se distinguent pas justement . C’est comme ça dans l’inconscient . Si vous tentez de les séparer, vous vous placez dans l’imaginaire, dans le symbolique . Mais l’obscur est un peu la lumière et la lumière n’est pas autre chose que de l’obscur . C’est cela la parole de l’inconscient . Elle est fondée sur le contradictoire . Sans cette contradiction, il n’y aurait point de discours inconscient .

Si vous croyez distinguer quelque chose dans votre inconscient, si vous croyez que vous vous connaissez, vous êtes perdu ! C’est un narcissisme de mort ! Le « Connais-toi toi-même » serait un peu absurde… car si tu te cherches, si tu t’analyses, tu comprendras vite que la seule trouvaille, le seul trou qui vaille, c’est que tu n’es pas, dans le réel, tu n’es personne !divan.gif

C’est impossible, c’est contradictoire? Et pourtant, tu ne penses pas, tu n’es pas et c’est simplement par l’effet de parole de ce genre de contradiction que tu peux te hisser hors de la souffrance intolérable de l’inconscient !

L’inconscient est ce savant mélange de jour et de nuit, de guerre et de paix, de satiété et de faim que chacun a pu parfumer suivant ses goûts . C’est un vrai tremblement de terre, une émergence insolite, c’est ce réel qui remue sous la trame des choses .

Ceux qui croient distinguer le jour de la nuit, Héraclite les appelait les « Azunetos », c’est à dire les « bornés et abrutis » avec cet « a » privatif qui veut dire : les « retranchés de la parole », de cette parole contradictoire mais tellement féconde de l’inconscient .

Aller à la rencontre de l’inconscient, ce n’est pas une psychothérapie, ce n’est paspsycerveau.gif un acte médical, il n’est question ni de soin, ni de guérison et encore moins d’aide ! C’est une initiation philosophique proche du Zen, une manière d’aborder ses problèmes et la réalité . Il s’agit de dénouer par la parole, ce qui s’est noué par la parole …

 

L’inconscient n’existe que chez l’être parlant, il suppose le langage . L’inconscient, « ça » parle . Il est structuré comme un langage, on peut y trouver le sens et la jouis-sens .
 

 

 

22 novembre, 2007 à 12:07 | Commentaires (6) | Permalien


LA SARKOÏDOSE

Plus connue sous le nom de maladie de Besnier-Boeck-Schaumann, la Sarcoïdose est une maladie inflammatoire qui touche les adultes jeunes dans la force de l’âge . Elle semble résulter d’une réaction de l’organisme face à un agent agresseur encore mal identifié .L’affection peut atteindre plusieurs organes, les poumons, le système nerveux central, les muscles, la peau, les ganglions… et dans 80% des cas elle guérit spontanément sans aucun traitement .

Mais depuis quelques mois arrivent aux urgences des hôpitaux des patients qui semblent souffrir d’une forme mutante de cette maladie . Les premiers cas ont été observés à Ump, en Westphalie et décrits admirablement par le professeur Franz Beckenbauer, qui a fort justement renommée cette maladie du nom de « Sarkoïdose » ou maladie de Ump , pour bien la distinguer de la forme banale .

Les malades sont amenés par leur famille , en général, car ils n’ont que peu conscience de leur état; cette pathologie nouvelle touchant principalement le cerveau, dans ses connexions corticales et sous-corticales du lobe frontal . Le mode de contamination semble s’apparenter à celui de la peste brune qui ravagea l’Allemagne et une bonne partie de l’Europe dans les années 30 .

Après avoir isolé, non sans mal, un groupe de patients atteints de Sarkoïdose, on a relevé les signes essentiels suivant : dans les 72 heures apparaissent quelques troubles encore discrets de la personnalité, une certaine desinhibition, voire même une euphorie, des sautes d’humeur fréquentes et une agitation psychomotrice . Au bout de 2 jours, le tableau s’aggrave rapidement, par une très grande susceptibilité, et une très grande méfiance envers les autres . L’agitation augmente et le sommeil diminue . Par la suite, faute de traitement, le patient va souffrir d’un surdéveloppement pathologique de son égo, et d’une restructuration de sa personnalité sur un mode pervers narcissique à tendance paranoïaque .Il va alors chercher à être le maitre tout le temps, en toutes circonstances avec un besoin énorme d’être admiré, adulé .sarkopatron.jpg

Les autres deviennent peu à peu pour lui des outils qu’il va manipuler à loisir pour satisfaire ses désirs personnels . On relève un égocentrisme profond, une haine et une agressivité sous-jacentes, de l’orgueil, de la mesquinerie parfois et de l’arrogance tout le temps .

Le patient est en général très intelligent et même bon psychologue, mais au fond de lui il reste tristement dépourvu de valeur morale, n’ayant aucun scrupules, ni aucun problème de conscience quand il fait subir sa loi aux autres, quand il s’en prend au plus faible, au plus démuni, à l’étranger sans défense . Sa seule morale est celle de la loi du plus fort . Il veut toujours avoir plus, dominer plus , travailler plus, gagner plus et pour cela il augmente lui-même son salaire . Il veut être à la hauteur, le seul qui, le meilleur .Il n’a de respect que pour plus riche, plus fort et plus combattif que lui .sarkocesar.jpg

Faire preuve d’humanité ou de sensibilité lui semble être une faiblesse . Il est aussi capable de faire des promesses qu’il ne tiendra pas, de nier un jour ce qu’il a dit la veille avec un aplomb considérable . Tous ses proches et ses collaborateurs sont instrumentalisés pour le servir et accroître son pouvoir . Ils n’ont pas le droit de penser, encore moins de contredire . Il peut les acheter, les corrompre ou les renvoyer comme il le désire, les réduire au silence .

Pour exister, il a besoin de haïr et de détruire . Incapable d’aimer, il fait fuir les femmes et ne supporte pas le bonheur des autres . Il doit sans cesse triompher et souvent en jouissant de la souffrance de ceux qu’il rabaisse pour assurer sa supériorité, en les avilissant, en les humiliant .

Cette structure pervers narcissique le pousse à être menteur et à calculer sans cesse . Il falsifie aisément la vérité, mélange mensonge, sincérité et franchise avec une habileté qui déstabilise complètement ses adversaires . Cela l’amène alors souvent à verser dans la mythomanie, il se voit toujours mieux, plus beau, plus grand, plus fort et respecté . Il a un intarrissable besoin de s’aimer et peut même se mentir à lui-même . Il en a partiellement conscience d’ailleurs mais il minimise ce mensonge . C’est bien là toute l’ambivalence de cette personnalité perverse et mythomaniaque . Comédien né, il utilise une large palette de personnage et d’émotions . Il a un véritable talent pour retourner toujours l’opinion des autres en sa faveur et faire adhérer les plus récalcitrants à ses idées les plus contestables .

Agressif et combattif, parcequ’immensément orgueilleux et assoiffé de pouvoir, il ira toujours plus loin, plus haut et si nécessaire se montrera très méchant, capable de déclarer des guerres pour sa seule gloriole et d’entraîner des foules crédules . Il est d’une hyper susceptibilité maladive et laisse facilement échapper des propos venimeux, orduriers et haineux .mediumsarkosacrenapoleon21.jpg

En réalité, derrière son intelligence brillante et son apparente générosité, se dissimule un esprit mesquin d’une petitesse morale surprenante .

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Nous conseillons vivement aux familles qui constatent de pareils symptômes chez un des leurs, surtout de ne pas attendre que le mal s’installe . Il faut intervenir avant la restructuration de la personnalité sur le mode pervers narcissiqueau moyen de traitements adaptés .

11 novembre, 2007 à 10:09 | Commentaires (12) | Permalien


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