Prendre soin des autres

La Folie du Doute

L’espèce humaine est naturellement tourmentée . La folie du doute dont nous allons parler, en est une belle illustration
C’est une bien curieuse forme d’aliénation mentale . On la rencontre peu à l’hôpital, mais surtout dans les établissements privés . Ces patients doutent de tout, même de leur existence et ne peuvent s’arrêter à aucune conviction formelle .ledoute.jpeg

Parfois, en plus de cet état, ils développent une réelle crainte du contact des objets extérieurs . Le fond de cette aliénation partielle, c’est cette disposition de l’intelligence à revenir sans cesse sur les mêmes idées ou les mêmes actes, à éprouver le besoin de répéter les mêmes mouvements ou d’accomplir les mêmes actions sans parvenir à s’apaiser, à se satisfaire, à se convaincre . Ces patients souffrent de véritables « impulsions intellectuelles » dont voici un exemple :

Jeune homme de 28 ans, intelligent et bien développé, sans vice héréditaire connu . Employé de banque modèle . Tout à coup, un beau jour, il vit se produire un changement étrange dans l’apparence des objets : ils ne lui semblaient plus être les mêmes, manquaient de relief, de réalité . Il nous livra alors ses impressions :

« J’éprouvais, sans douleur aucune, un changement dans la façon de voir.

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Tout me paraissait drôle, étrange . Tout en conservant formes et couleurs, les objets extérieurs étaient différents . Je ne pus en parler à personne et ne fis rien . Quelques temps après, je me sentis alors diminuer, disparaître . Il ne restait plus de moi que le corps vide . Et depuis ce jour, ma personnalité s’est évaporée complètement . Tout est devenu étrange autour de moi et je ne puis plus me rendre compte de ce que l’on appelle exitence et réalité . Je doute de tout ce qui m’entoure et ne sais plus qui je suis . Il me semble que j’existe mais en dehors de la vie réelle et malgré moi et pourtant rien n’est encore venu me donner la mort! Je préférerais ne plus y voir du tout, me cacher . Malgré ce mal qui me met la tête à l’envers, quelque chose me pousse à continuer quand même comme avant, mais je n’ai aucune certitude d’agir réellement . Tout chez moi est mécanique et se fait inconsciemment . Mes oreilles entendent bien mais me semblent bouchées . J’entends ce que l’on me dit, et je réponds bien et juste mais je n’y suis pour rien . Je continue mon travail mais je suis obligé de me répéter sans cesse : « je suis au travail, je fais ceci, je fais cela »sans être sur que cela soit vrai . Je ne suis plus moi-même, je ne parviens pas à être sur d’exister réellement et cet état mental est atroce, je crois devenir fou !

Cet homme a perdu le sens de la réalité . Il se compare à un sac vide . Il n’y a rien au dedans de lui, il est une enveloppe avec une apparence extérieure mais vide à l’intérieur. Il pense être devenu une chose et ne croit plus à la réalité des autres qui sont aussi, selon lui, devenus des choses .Il doute de ce qu’il voit et quand il touche, il a l’impression de traverser un fantôme qui s’évanouit aussitôt . Même le contact de l’objet ne peut le convaincre de son existence . Le monde pour lui est devenu une sorte de mirage . Il boit, il mange, mais la nourriture n’est qu’une ombre qui descend dans l’ombre de son estomac . Et pourtant, il a une parfaite conscience de l’absurdité de ses idées, mais ne peut les vaincre .

La folie du doute, comme on le voit, entraîne les malades vers les pires tourments . Et elle peut se présenter sous une infinie diversité :

Certains patients sont plus métaphysiques et s’interrogent maladivement en permanence sur les grands problèmesdieu.jpg philosophiques, sur Dieu, et pourquoi il tolère tant de souffrances sur terre, sur l’Univers, la fin du monde, l’immortalité . D’autres sont plus réalistes et se demandent pourquoi ils sont pas aussi grands que les maisons, pourquoi leur poele est contre un mur au lieu d’être au milieu de la pièce, pourquoi il n’y a qu’une lune… Il y a aussi les scrupuleux qui s’adressent sans cesse des reproches et craignent toujours de n’avoir pas suivi les bonnes consignes ou de n’avoir pas dit l’exacte vérité . Il y a encore les timorés, hantés par l’idée d’être compromis dans des affaires louches et prenant milles précautions . Il y a enfin les compteurs, ceux qui comptent sans cesse dans leur tête ou à haute voix tout et n’importe quoi : le nombre de carreaux au sol, le nombre de poteaux le long de la route, etc…compteurs.jpg

 

Dans les causes de cette maladie, on retient la puberté qui est souvent le moment de son éclosion . L’hérédité a un rôle manifeste bien sûr et les excès vénériens, l’onanisme aussi . Les épuisements intellectuels, le surmenage des études, les fatigues et les états dépressifs doivent aussi être retenus . On a vu se déclarer la maladie après des convalescences difficiles, dans l’état puerpéral, et après des émotions vives et des frayeurs subites .

Le traitement est limité . Quelques toniques et des ferrugineux pour combattre l’ anémie qui est souvent incriminée . Dans le cas d’un état congestif on utilise les révulsifs et les drastiques avec pourquoi pas une application de sangsues .

Mais il faut surtout un bon traitement moral . Non pas chercher à raisonner les malades mais les détourner de ces idées fixes qui les tyrannisent, par des distractions, de la gymnastique, des sorties…et beaucoup de compréhension . L’isolement et la séquestration sont surtout utiles lorsque l’entourage et les habitudes de vie du malade semblent avoir largement participés à l’explosion des troubles psychologiques .

4 août, 2007 à 15:44


3 Commentaires pour “La Folie du Doute”


  1. Edelrest écrit:

    FOLIE DU DOUTE? POUR SOIGNER CETTE MALADIE, JE PROPOSE LES SPORTS OU ACTIVITES EN PLEIN AIR AVEC RISQUES ET ENGAGEMENT:
    PAR EXEMPLE? L’ALPINISME; MAIS IL Y A PROBABLEMENT BIEN D’AUTRES ACTIVITES OU MÊME PROFESSIONS QUI PEUVENT ÊTRE CONSEILLEES : TOUTES CELLES OU L’INDIVIDU SE TROUVE FACE AU DANGER IMMINENT POUR LUI OU POUR SES COMPAGNONS, SITUATIONS QUI L’OBLIGENT A SE SURMONTER. LA FOLIE DU DOUTE EST UNE EXPRESSION DE FOLIE QUI ME SEMBLE DU DOMAINE DU LUXE;
    edelrest

  2. Wolfgang écrit:

    La « folie du doute » est un terme archaïque.
    Aujourd’hui on parle de troubles dissociatifs et ce n’est pas une psychose à proprement parler. Y sont inclus : la dépersonnalisation, la déréalisation et les troubles de l’identité. ^^
    Pourquoi ressortir sans arrêt des vieux concepts remontant au 19ème siècle, comme si on était nostalgique de cette époque là ?

  3. dragola écrit:

    les termes sont apliques parceque tout les demontration et sujets sont tirez des etudes et metodes medicinales medievales en gros de metodes et maladies que a l’epoque etes encurable ou allors avec de tretements agrecifs a vour macabres que aujourdhui ce trete avec une simple operation ou une aspirine.
    PS: je parle pour l’encemble du blog


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