Prendre soin des autres

la Chlorose ou Cachexia Virginum

C’est une maladie toute féminine, souvent liée à un trouble des menstrues, et s’exprimant par des désordres variés de la nutrition et de l’innervation, un appauvrissement du sang et une décoloration bien caractéristique de la peau .

Elle commence souvent à la puberté, avec des problèmes dans l’apparition ou l’absence des menstrues . Parfois au contraire, les pertes sont trop abondantes . Au tableau s’ajoutent des douleurs vagues et irrégulières, sourdes ou lancinantes dans le bas ventre et les lombes et qui s’étendent rapidement aux organes digestifs . L’appétit se fait irrégulier, excessif ou dépravé . L’estomac est souvent douloureux et une constipation opiniâtre s’installe . L’urine est aqueuse . Il n’est pas rare de voir survenir alors des palpitations et des sensations d’oppression, un essoufflement considérable à l’effort, des maux de tête. Peu à peu, insidieusement, les forces musculaires s’en vont et l’énergie morale décline . Dans tous les cas la constante est une grande irritablité nerveuse .femmeencolre.jpg

C’est alors que la peau se décolore . La pâleur apparait d’abord aux gencives, aux lèvres et aux paupières . La sclérotique (le blanc de l’oeil) vire au bleuâtre, la peau se déssèche et devient froide . Tout ces symptômes vont en augmentant tandis que les menstrues, si elles existent, donnent un sang séreux à peine coloré qui ne gâte pas la literie . Des vertiges surviennent avec un trouble visuel qui rappelle beaucoup la coquine amaurose . La malade présente souvent une toux nerveuse incontrôlable . Les paupières, les chevilles enflent; un oedème se généralise . A la constipation peut très bien succéder une diarrhée . La faiblesse s’accroît avec des risques de syncope . Si la malade est livrée à elle-même, elle est capable de se laisser mourir en quelques jours non pas par la gravité réelle de sa maladie, mais plutôt par cette mélancolie et cette apathie qui s’emparent d’elle .

Il faut traiter énergiquement : avec des préparations ferrugineuses, et utiliser les amers comme la gentiane, l’aloés contre les maux d’estomac, la rhubarbe contre la constipation . La nourriture doit être fortifiante . Et il faut astreindre la patiente à des exercices physiques réguliers.exercicefminin.jpg

Ne pas hésiter à lui procure des excitations et des sensations modérées certes, mais suffisantes pour plaire à son imagination et à son coeur . C’est par les émotions douces et répétées que l’on guérit le mieux de la chlorose . Cette maladie est en réalité très proche de l’hystérie et peut même en devenir une complication . Souvent les causes sont à rechercher dans des émotions tristes du passé, des chagrins d’amour ou des amours forcés, des excès vénériens ou des abus d’onanisme .

Les chlorotiques sont toujours exposées à des rechutes . Et comme dans l’hystérie, le soignant doit rester attentif et doit savoir habilement s’emparer de la confiance de la malade et la conserver, en respectant jusqu’à un certain point, les illusions pénibles qu’elle entretient sur l’état réel de sa santé.

Savoir soigner sans contrarier, c’est là tout l’art de guérir .

15 août, 2007 à 9:34


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