Prendre soin des autres

Un cas surprenant de Fétichisme du pied chaussé .

M.M, 31 ans, intelligent et cultivé, exerce une profession libérale . Il se retrouve hospitalisé pour un épisode confusionnel faisant suite à un surmenage intellectuel . C’est alors qu’il décrit un fétichisme du pied à noter dans les annales.

Les premières manifestations sont apparues vers 7 ans . Il se souvient qu’il éprouvait alors un réel plaisir à être piétiné par ses camarades, surtout ceux qui portaient de jolies chaussures . Le simple contact d’un pied chaussé lui procurait des sensations agréables . Vers 14 ans, un jour, il fut non intentionnellement piétiné par une jeune fille et il ressentit pour la première fois un orgasme vénérien voluptueux avec éjaculation

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. Par la suite il parvint à retrouver les mêmes effets sans contact réel, simplement par l’imagination . Mais il recherchait toujours des foules pour satisfaire physiquement sa déviance sexuelle . Et il obtenait des orgasmes, suivis d’un sentiment de bien-être et d’euphorie rien qu’en mettant son pied sous celui d’une femme, sans s’inquiéter de son âge et de son physique . La chaussure comptait bien plus . Et il préférait les jolies portées si possible par de jolies filles . Il lui arrivait de se contenter de jeunes garçons . Mais il avait éliminé les gens de sa famille parmi les personnes capables d’assouvir ses désirs .

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L’envie le prenait parfois de collectionner les chaussures féminines mais il s’en gardait de le faire, craignant d’être découvert . Par contre, il jouait avec dans les magasins, les tripotait, les observait dans les catalogues et en dessinait fréquemment .

Il n’a pas de souvenir concernant un évènement quelconque qui aurait pu déclencher son fétichisme . Et vers 20 ans, il éprouva un penchant particulier pour une jeune fille . Il s’efforça de réfréner ses désirs de piétinements et adopta un comportement normal . Mais en vain, très vite il souffrit d’une crise d’asthénie . Il ne parvenait à aucun plaisir sexuel sans être piétiné . Il se maria malgré tout . Mais il garde un pénible souvenir de leur voyage de noces : il lui fallait par tous les moyens parvenir à mettre ses pieds en contact avec ceux de son épouse . Elle, de son côté, cherchait à lui plaire et tentait des rapprochements normaux que visiblement il refusait . Au bout d’un temps le désir de piétinement refoulé réapparut avec une frénésie indomptable et il finit par demander à sa femme de le piétiner . Elle accepta, sans vraiment comprendre, mais exigea qu’il mette des couvertures sur lui pour ne pas lui faire mal . Et il ressentit alors la même satisfaction qu’avant son mariage, avec un orgasme vénérien et une éjaculation . Et les séances de piétinement se répétèrent à peu près une fois par semaine . Les pieds nus lui procuraient du plaisir, mais moins que ceux chaussés . Et jusqu’à l’orgasme, il n’éprouvait nullement de douleur, celle-ci se faisait sentir après .

Sa femme finit par prendre elle aussi un peu de plaisir à pratiquer les piétinements . Mais en contre partie elle réclamait des caresses et des baisers qu’il lui donna . Plusieurs fois il tenta de pratiquer un coït normal pour la contenter, mais sans y parvenir. Et celle-ci finit par présenter des troubles nerveux, des spasmes, des tremblements, des accès de mutisme, proches de l’hystérie .Un médecin, consulté alors, pensa qu’il s’agissait d’une disproportion de leurs organes génitaux respectifs et prescrivit un lubrifiant .manixgellubrifiantx3.jpg

Le pauvre mari fit de nouvelles tentatives . Une fois il y réussit mais ne put renouveller l’expérience . Et elle fut enceinte et accoucha d’un enfant mort-né et succomba ensuite à une septicémie . Lui eut bien du mal à se rétablir . Quand il y parvint, son fétichisme reparut et il se rendit chez les prostituées . Là il choisissait les filles selon leurs chaussures et satisfaisait à merveille ses désirs .

Mais par suite d’un surmenage intellectuel, il présenta une bouffée délirante qui exigea une hospitalisation . Sans celà, il n’aurait sans doute jamais parlé de sa déviance sexuelle .

C’est un cas typique de fétichisme pur, sans masochisme et sans désir d’humiliation . Le fétichisme, en règle générale, est souvent lié au masochisme . Notre patient présente un fétichisme de pied chaussé auquel s’adjoint celui de la chaussure seule avec idée de collectionnisme

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Voici ci dessus un des dessins réalisé par le patient .

Il a pleinement conscience de sa perversion, il tente de la refouler et cela le rend encore plus malade, ce qui est toujours fréquent dans ces cas là . Il ne ressent aucune douleur lors du piétinement, celle-ci ne survient après l’orgasme . Cette analgésie psychique est connue dans bien des perversions sexuelles .

Ce type de pervers n’est pas dangereux . Il est souvent timide, doux, émotif et on le compare volontiers à une fille . Il s’interesse à un objet féminin : le soulier, qui, de toute évidence, est « vaginalisé » et le pied dans le soulier représente la copulation . Le fétichisme du soulier vide est nettement plus courant que celui du pied chaussé . Dans notre exemple, le patient présente les deux .

Un grand merci pour l’aide que Kraft-Ebing a apporté  à la rédaction de cet article .

15 août, 2007 à 13:30


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