Prendre soin des autres

DE QUELLE FOLIE PARLEZ-VOUS ?

A peine 40 ans nous séparent de la création du secteur psychiatrique .
Mais quelle évolution depuis !


La psychiatrie vise maintenant la réduction, voire la suppression du symptôme, grâce à des actes de soins administrés, identifiés, quantifiés .
Elle prend en compte « l’objet maladie » et lui répond par une ordonnance, une prescription médicamenteuse qui doit forcément améliorer les symptômes du patient . La consultation est souvent brève,
mais les prises de traitement sont longues .

Le soin s’est appauvri dans sa dimension psychothérapeutique . C’est surtout la logique administrative et financière qui prévaut et impose le contrôle de la psychiatrie . L’esprit

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gestionnaire a donc remplacé l’esprit psychothérapeutique et les lois de la finances ont remplacé les lois de la parole .

L’hygiénisme ambiant impose la nécessité de la « bonne santé », si besoin par contrainte psychologique ou corporelle .
Alors que les praticiens sont en voie de disparition, la clinique est remplacée par les normes d’un pseudo savoir statistiquement préétabli . Les individus deviennent des clones, tous identiques, bien formatés, sans défauts visibles, sages, obéissants et consensuellement normés .
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S’agissant du malade et de son histoire, l’intérêt n’est plus d’actualité . Quant à l’hypothèse d’un inconscient, c’est néant . L’intersubjectivité, c’est encore néant . Le transfert n’est pas pris en compte . L’émotion , on la régule avec des molécules . Le « savoir sur soi » : le médecin sait et le patient ignore , le dialogue devient celui de l’expert face à l’ignorant .

Le diagnostic fait appel à une méthodologie médicale sûre : sémiologie , diagnostic, traitement, basée sur le DSM et complètement épurée de ce point de vue psycho dynamique bien trop farfelu .dsm.jpg

La psychiatrie est fière d’être maintenant une médecine scientifique .

La relation du soignant au symptôme ressemble à celle du chirurgien : il est devenu un maître dans l’art du nécessaire, on enlève, on arrache, c’est la seule réponse possible . Le symptôme subit une exérèse .letttpsy.jpg

 

Et la fascination de nos infirmiers « pharmakons » qui passent un temps incalculable à préparer les piluliers  ou les injections n’a d’égal que l’affadissement de leur réflexion .

La psychiatrie n’a plus affaire à des patients qui parlent . Ce que parler veut dire, d’ailleurs, on s’en fou .

10 juin, 2008 à 8:44 | Commentaires (1) | Permalien


la critique de lisabuzz du blog « bien se soigner »

Bien se soigner : En parcourant « Bien se soigner », on ressent comme un émerveillement, une plénitude qui ne pourrait être comparée qu’ à celle de Champollion lors qu’ il déchiffra les hiéroglyphes égyptiens pour la première fois : Tout à coup, un nouvel univers se découvre, un univers signé Sineurbe, tout en méandres exaltants et en posts uniques et précieux. A coup sûr, « Bien se soigner » figurera, dans 1000 ans, au musée du web.      Signé « lisabuzz, le robot du web qui critique les blogs .

20 mai, 2008 à 12:13 | Commentaires (0) | Permalien


L’inconscient lacanien

La conscience réfléchie n’est qu’une bulle vide dans le champagne de l’inconscient . Cette image est tout à fait parlante … L’inconscient ne peut pas avoir d’avenir dans la conscience réfléchie, car on ne répare pas le chaos, on ne l’ordonne pas et on ne le supprime pas . La contradiction, dans l’être humain, reste encore ce qu’il a de plus fécond en lui . C’est évidemment le discours inconscient qui est riche et non celui conscient . Donc à chacun son Lacan et à chacun ses Lacunes .freudillusion.jpg

Tenter de dissocier l’obscur de la lumière , c’est tomber dans l’errance, dans l’insolence et la démesure . L’obscur et la lumière ne se distinguent pas justement . C’est comme ça dans l’inconscient . Si vous tentez de les séparer, vous vous placez dans l’imaginaire, dans le symbolique . Mais l’obscur est un peu la lumière et la lumière n’est pas autre chose que de l’obscur . C’est cela la parole de l’inconscient . Elle est fondée sur le contradictoire . Sans cette contradiction, il n’y aurait point de discours inconscient .

Si vous croyez distinguer quelque chose dans votre inconscient, si vous croyez que vous vous connaissez, vous êtes perdu ! C’est un narcissisme de mort ! Le « Connais-toi toi-même » serait un peu absurde… car si tu te cherches, si tu t’analyses, tu comprendras vite que la seule trouvaille, le seul trou qui vaille, c’est que tu n’es pas, dans le réel, tu n’es personne !divan.gif

C’est impossible, c’est contradictoire? Et pourtant, tu ne penses pas, tu n’es pas et c’est simplement par l’effet de parole de ce genre de contradiction que tu peux te hisser hors de la souffrance intolérable de l’inconscient !

L’inconscient est ce savant mélange de jour et de nuit, de guerre et de paix, de satiété et de faim que chacun a pu parfumer suivant ses goûts . C’est un vrai tremblement de terre, une émergence insolite, c’est ce réel qui remue sous la trame des choses .

Ceux qui croient distinguer le jour de la nuit, Héraclite les appelait les « Azunetos », c’est à dire les « bornés et abrutis » avec cet « a » privatif qui veut dire : les « retranchés de la parole », de cette parole contradictoire mais tellement féconde de l’inconscient .

Aller à la rencontre de l’inconscient, ce n’est pas une psychothérapie, ce n’est paspsycerveau.gif un acte médical, il n’est question ni de soin, ni de guérison et encore moins d’aide ! C’est une initiation philosophique proche du Zen, une manière d’aborder ses problèmes et la réalité . Il s’agit de dénouer par la parole, ce qui s’est noué par la parole …

 

L’inconscient n’existe que chez l’être parlant, il suppose le langage . L’inconscient, « ça » parle . Il est structuré comme un langage, on peut y trouver le sens et la jouis-sens .
 

 

 

22 novembre, 2007 à 12:07 | Commentaires (6) | Permalien


LA SARKOÏDOSE

Plus connue sous le nom de maladie de Besnier-Boeck-Schaumann, la Sarcoïdose est une maladie inflammatoire qui touche les adultes jeunes dans la force de l’âge . Elle semble résulter d’une réaction de l’organisme face à un agent agresseur encore mal identifié .L’affection peut atteindre plusieurs organes, les poumons, le système nerveux central, les muscles, la peau, les ganglions… et dans 80% des cas elle guérit spontanément sans aucun traitement .

Mais depuis quelques mois arrivent aux urgences des hôpitaux des patients qui semblent souffrir d’une forme mutante de cette maladie . Les premiers cas ont été observés à Ump, en Westphalie et décrits admirablement par le professeur Franz Beckenbauer, qui a fort justement renommée cette maladie du nom de « Sarkoïdose » ou maladie de Ump , pour bien la distinguer de la forme banale .

Les malades sont amenés par leur famille , en général, car ils n’ont que peu conscience de leur état; cette pathologie nouvelle touchant principalement le cerveau, dans ses connexions corticales et sous-corticales du lobe frontal . Le mode de contamination semble s’apparenter à celui de la peste brune qui ravagea l’Allemagne et une bonne partie de l’Europe dans les années 30 .

Après avoir isolé, non sans mal, un groupe de patients atteints de Sarkoïdose, on a relevé les signes essentiels suivant : dans les 72 heures apparaissent quelques troubles encore discrets de la personnalité, une certaine desinhibition, voire même une euphorie, des sautes d’humeur fréquentes et une agitation psychomotrice . Au bout de 2 jours, le tableau s’aggrave rapidement, par une très grande susceptibilité, et une très grande méfiance envers les autres . L’agitation augmente et le sommeil diminue . Par la suite, faute de traitement, le patient va souffrir d’un surdéveloppement pathologique de son égo, et d’une restructuration de sa personnalité sur un mode pervers narcissique à tendance paranoïaque .Il va alors chercher à être le maitre tout le temps, en toutes circonstances avec un besoin énorme d’être admiré, adulé .sarkopatron.jpg

Les autres deviennent peu à peu pour lui des outils qu’il va manipuler à loisir pour satisfaire ses désirs personnels . On relève un égocentrisme profond, une haine et une agressivité sous-jacentes, de l’orgueil, de la mesquinerie parfois et de l’arrogance tout le temps .

Le patient est en général très intelligent et même bon psychologue, mais au fond de lui il reste tristement dépourvu de valeur morale, n’ayant aucun scrupules, ni aucun problème de conscience quand il fait subir sa loi aux autres, quand il s’en prend au plus faible, au plus démuni, à l’étranger sans défense . Sa seule morale est celle de la loi du plus fort . Il veut toujours avoir plus, dominer plus , travailler plus, gagner plus et pour cela il augmente lui-même son salaire . Il veut être à la hauteur, le seul qui, le meilleur .Il n’a de respect que pour plus riche, plus fort et plus combattif que lui .sarkocesar.jpg

Faire preuve d’humanité ou de sensibilité lui semble être une faiblesse . Il est aussi capable de faire des promesses qu’il ne tiendra pas, de nier un jour ce qu’il a dit la veille avec un aplomb considérable . Tous ses proches et ses collaborateurs sont instrumentalisés pour le servir et accroître son pouvoir . Ils n’ont pas le droit de penser, encore moins de contredire . Il peut les acheter, les corrompre ou les renvoyer comme il le désire, les réduire au silence .

Pour exister, il a besoin de haïr et de détruire . Incapable d’aimer, il fait fuir les femmes et ne supporte pas le bonheur des autres . Il doit sans cesse triompher et souvent en jouissant de la souffrance de ceux qu’il rabaisse pour assurer sa supériorité, en les avilissant, en les humiliant .

Cette structure pervers narcissique le pousse à être menteur et à calculer sans cesse . Il falsifie aisément la vérité, mélange mensonge, sincérité et franchise avec une habileté qui déstabilise complètement ses adversaires . Cela l’amène alors souvent à verser dans la mythomanie, il se voit toujours mieux, plus beau, plus grand, plus fort et respecté . Il a un intarrissable besoin de s’aimer et peut même se mentir à lui-même . Il en a partiellement conscience d’ailleurs mais il minimise ce mensonge . C’est bien là toute l’ambivalence de cette personnalité perverse et mythomaniaque . Comédien né, il utilise une large palette de personnage et d’émotions . Il a un véritable talent pour retourner toujours l’opinion des autres en sa faveur et faire adhérer les plus récalcitrants à ses idées les plus contestables .

Agressif et combattif, parcequ’immensément orgueilleux et assoiffé de pouvoir, il ira toujours plus loin, plus haut et si nécessaire se montrera très méchant, capable de déclarer des guerres pour sa seule gloriole et d’entraîner des foules crédules . Il est d’une hyper susceptibilité maladive et laisse facilement échapper des propos venimeux, orduriers et haineux .mediumsarkosacrenapoleon21.jpg

En réalité, derrière son intelligence brillante et son apparente générosité, se dissimule un esprit mesquin d’une petitesse morale surprenante .

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Nous conseillons vivement aux familles qui constatent de pareils symptômes chez un des leurs, surtout de ne pas attendre que le mal s’installe . Il faut intervenir avant la restructuration de la personnalité sur le mode pervers narcissiqueau moyen de traitements adaptés .

11 novembre, 2007 à 10:09 | Commentaires (12) | Permalien


nos doutes se confirment: Jeanne d’Arc ne serait pas morte pucelle !

Méfiez-vous de ce qu’on vous raconte ! Et méfiez-vous de tout ce que l’on tenait pour certain, dans l’histoire de France . La mythomanie s’enseigne aussi à l’école . L’exemple qui suit va vous le prouver .
Nous sommes en 1420, c’est le fameux Traité de Troyes .guerredecentans.jpg

La France est en guerre avec les Anglais (la non moins fameuse guerre de cent ans ) Et le dauphin Charles est en passe d’être écarté du trône . Car Catherine, fille de Charles VI est donnée en mariage à Henri V d’Angleterre, et l’enfant à naître sera, à coup sûr, à la fois Roi de France et Roi d’Angleterre . Arrive 1422 et à quelques mois d’écart, les deux rois meurent et le Traité de Troyes devient alors appliquable . Enfant d’Henri V, nouveau roi d’angleterre, le petit Henri VI se dit aussi roi de France . Charles VII, lui, est chassé de Paris, mais il se proclame lui aussi souverain malgré tout .

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Il y a donc deux rois qui se disputent le trône .

Et que faire ? Qui peut dire le droit à cette époque , sachant qu’on est roi de droit divin ? Il n’y a que Dieu, seul lui peut intervenir .

Alors c’est là que l’on referme les livres d’école, pour connaître enfin la vérité sur celle qui a sauvé la France en boutant les Anglais hors du territoire . Effectivement, il y a Jeanne, petite gamine de 13 ans, qui se met soudainement à entendre des voix . Celle de Saint Michel, et surtout celles de Sainte Marguerite d’Alexandrie et de Sainte Catherine d’Antioche . Ces deux saintes qui s’adressent à la » Pucelle « , n’ont en réalité jamais existé . Elles seront d’ailleurs retirées de la liste des saints par Jean XXIII .

Pourtant les voix que Jeanne entendait étaient bien réelles . C’était celles de Yolande d’Anjou, la belle-mère du roi évincé, qui rêvait pour sa fille une plus noble aventure . C’est elle qui allait monter une « opération service secret » en opposant aux arcs et aux bombardes des anglais une arme psychologique redoutable . Jeanne sera le « miracle » qui va très bien fonctionner, à tel point qu’il survivra jusqu’à nos jours .

Nos vieux livres d’histoires nous parlent de cette Jeanne, bergère de Domrémy quibergere.jpg courageusement boutent les anglais hors de France .

Ce mythe , n’en déplaise au Front National et au Vatican , est bien loin de la réalité . Jeanne n’a jamais été bergère, n’a jamais gardé de moutons ni autres bestioles du même genre . Le simple nom de Jeanne d’Arc est une pure hérésie . Elle ne parlait pas le patois mais le français châtié de la cour .Elle était une princesse nommée « Jeanne d’Orléans », fille d’Isabeau de Bavière et de Louis d’Orléans, son amant . Elle était donc la soeur cachée du Roi de France et on comprend déjà mieux l’intérêt qu’elle a eu d’aller s’occuper des anglais . Sa tante, Yolande d’Anjou, s’est donc servie d’elle pour sauver le royaume . Ainsi Jeanne a fait partie de la diplomatie française . Son nom fut une arme psychologique inspirant la crainte et la vangeance divine . Cette « opération pucelle » a donc été montée de toute pièce par la perfide belle-mère du Roi .

jeannesauvelafrance.jpgPendant un temps, Jeanne s’est battue aux côtés de Gilles de Retz, un copain à elle, peu apprécié des soldats . Ils disaient : « c’est le diable en personne qui chevauche à côté de la Sainte Vierge » . Après guerre, il se retira dans son domaine et se livra à d’abominables orgies durant plus de 14 ans .gillesderetz.jpg

Surpassant le marquis de Sade en perversion, il massacra, durant ses amusements orgiaques, pas moins de 800 enfants . Belle fréquentation pour notre pucelle !

 

Jeanne n’est pas morte à Rouen sur le bûcher en 1431 . C’est une inconnue, la tête encapuchonnée, qui est morte ce jour-là à sa place . Des centaines de documents attestent de sa présence bien après à Metz, àOrléans, à Arlon en Belgique, ou encore en Allemagne . Ainsi après sa mort brûlée vive, elle s’est même mariée avec Robert des Armoises et à continué de guerroyer . Adieu donc, la « Belle Pucelle »!jeanneaubucher.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Prologue:

Après la défaite de 1870, la France est désespérée et se cherche une icone . On a fabriqué Jeanne la Lorraine, comme symbole fondateur de la république . Et elle sera même canonisée par l’Eglise en 1920 !!

Elle a donné son nom à des kyrielles de livres, de rues, de place, à une demie-douzaine d’opéras et à une quarantaine de films .

Ses restes calcinés sont pieusement conservés à Chinon . Mais hélàs, on a découvert à l’analyse qu’ils n’appartiennent pas à Jeanne, mais à une momie égyptienne anonyme ayant vécu entre le VII et le IV siècle avant J-C . Tant pis pour les mensonges, le Mythe doit survivre !

28 octobre, 2007 à 15:54 | Commentaires (8) | Permalien


Les Extravagants et les Sordides

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L’excentricité quelques fois ne se remarque que par le port de vêtements un peu criants, histoire de se montrer, de se mettre en valeur . Elle peut avoir des formes très diverses, mais il en est une qui ne se développe qu’à une époque tardive de l’existence et qui constitue alors non pas un simple travers de l’esprit mais véritablement une maladie mentale acquise .

Des commotions, des chocs psychologiques, une faiblesse dechoclatete.jpg tempérament sont quelques fois des terrains prédisposants . On observe ainsi que l’individu est devenu comme différent de lui-même, son état mental s’étant transformé . On peut parler d’une sorte de manie atténuée dans laquelle dominent des idées désordonnées, une certaine virtuosité dans l’invention d’excentricités tout à fait inédites, des extravagances pures, une manière de vivre sordide et bizarre à la fois, une abscence de tout sentiment des convenances avec une tendance marquée à l’immoralité . Et le fonctionnement intellectuel, tout en restant intact, montre quand même un certain amoindrissement des facultés morales et affectives .

On se rappelle le cas de ce Monsieur Diogène de Paris qui en 1867 dépliait 50 serviettes pour se faire raser la barbe, qui se rafraichissait l’été en mettant de la glace dans ses bottes, qui faisait mettre un couvert pour son chien au restaurant, qui se servait de son parapluie uniquement par beau temps et le donnait à son domestique quand il pleuvait .

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Mais voici le cas de M. du Puy, de 1870, beaucoup plus irrésistible :

Sous intendant militaire en retraite, il a élu domicile dans une vieille église et y mène une vie des plus excentriques . Il circule très souvent dans la rue en chemise, sans caleçon ni bas, et s’expose coram populo à la satisfaction de ses besoins naturels .

Il vit dans une pièce qui lui sert à la fois de chambre, de cuisine et de salle à manger . Il y a là un lit malpropre et misérable, deux fauteuils dépiécés, un poêle en tôle rouillée et puis partout sur le sol et accrochés sur les murs, des lambeaux de vêtements, de livres , de revues diverses, etc …

M. du Puy porte une vieille houppe-land sur laquelle il accroche fièrement sa rosette d’officier de la légion d’honneur .rosette.jpg

Il porte un pantalon jauni par l’usure et la saleté, un gilet de flanelle en loques . Et c’est dans cet accoutrement qu’il navigue dans les quartiers de la ville . Il vit seul depuis longtemps, avec un domestique, ancien forçat parait-il, qui aurait trouvé refuge auprès de lui .

prostitues.jpgIl ne dépense que peu pour sa nourriture et aussi pour les « petites filles « , dit-il, qui ne coûtent pas cher ici et dont il ne se prive pas .

Quant au reste de son argent, il ne sait pas ce qu’il devient . Il soupçonne son domestique de le voler mais ne s’en préoccupe pas disant de lui que c’est un farceur-né .

Parfois sa conversation est brillante et annonce l’instruction, parfois elle est mauvaise et va même jusqu’au cynisme et aux grossièretés .

Il ne présente pas vraiment de danger pour la société si ce n’est qu’il adore se montrerscrotumcunu.jpg sur son balcon sans caleçon ni pantalon, les cuisses et les parties sexuelles à découvert . Et puis il vit au milieu des immondices et par suite de son incurie, ses voisins craignent qu’il en arrive à mettre le feu . On décide donc de le placer à Charenton . Il proteste énergiquement contre cette privation de liberté .

Les experts l’écoutent alors attentivement : Il raconte que dans son église, il a prévu d’ouvrir un restaurant . C’est pourquoi il a cloué des planches en plan incliné sur les marches d’escalier pour permettre l’accès aux vélocipèdes . Il indique aux médecins l’adresse d’une maison publique où les femmes sont très charmanteset très satisfaisantes .

Il pense qu’il va se faire élire député ou même président pour inventer de nouvelles allumettes chimiques, bonnet.jpgpour donner des leçons d’équitation, fonder un journal satyrique, monter une teinturerie de bonnets persans, fabriquer des vélocipèdes marchant au gaz, changer de sexe et de religion, etc …

Les médecins en concluent donc à l’aliénation et justifient alors la mesure d’internement .

20 octobre, 2007 à 9:02 | Commentaires (0) | Permalien


La Scrofule

« Le Roi te touche, Dieu te guérit » (les rois thaumaturges)

C’est une maladie chronique qui se développe chez des sujets présentant indéniablement une prédisposition héréditaire . Elle se manifeste par des affections variées, engorgements des ganglions, ulcères, tumeurs blanches et caries des os . Le début de la maladie est insidieux et perfide .

Des signes évoquent une prédisposition indiscutable : une légère débilité, une tête un peu trop grosse, un ventre développé outre mesure, un accroissement tardif, des menstruations mal établies chez les filles, un appétit irrégulier, une apathie et une grande répugnance pour les efforts physiques et intellectuels . Parfois on retrouve aussi une face pâle, une haleine fétide, des dents noires et gâtées .Tous ces signes vont en faveur d’une prédisposition scrofuleuse . Chez l’enfant le mal se manifeste d’abord par des gourmes sur le visage et le cuir chevelu lors de la dentition . Apparaissent encore des ulcérations spontanées, des suintements derrière les oreilles, des engelures rebelles, des écoulements muqueux du nez , des oreilles et de la vulve . On remarque souvent un reniflement continuel chez ces petits malades . Plus tard, lors de la deuxième dentition, on voit le nez et la lèvre supérieure se gonfler . Les malades souffrent d’un coryza chronique accompagné d’éruptions pustuleuses vers les narines, d’une ophtalmie tenace et récidivante provoquant des ulcérations des paupières et de la cornée . Il y a un engorgement des ganglions du couscrofule.jpg
(les fameuses écrouelles), ces tumeurs ensuite s’ulcèrent et cicatrisent difficilement, en laissant des traces indélébiles toute la vie .

Des abcès froids se forment sur la peau, parfois les os eux-mêmes en sont atteints et se carient . A l’ophtalmie s’ajoute une inflammation granuleuse du pharynx, des dartres divers surmontés de tubercules d’un rouge livide qui vont se ramollissant avec une lenteur excessive, un eczéma chronique et le lupus, une des lésions scrofuleuses les plus cruelles .

Après plusieurs mois de maladie, il arrive que des portions d’os soient expulsées avec le mucus des narines et ainsi le nez s’en retrouve aplati et déprimé . Les femmes, elles, sont affectées de leucorrhées abondantes, véritables catarrhes utérins . Les caries des os se multiplient et touchent les vertèbres et le sternum . Les tumeurs scrofuleuses s’éparpillent sur tous le corps . Il n’est pas rare de voir ces productions morbides se développer sur les testicules, dans la prostate, le cerveau , les poumons . Les malades sombrent dans un état cachectique, avec un teint terreux mais ne s’amaigrissent peu, car l’appétit est longtemps conservé .nezgros.jpg

Ils ont plutôt un aspect de bouffissure et d’oedématie . Le visage est comme tuméfié, les yeux cernés . Leur corps est parsemé d’ulcères, de fistules ou des cicatrices de ces derniers . Peu à peu, l’apathie gagne, augmentée par une diarrhée colliquative, des suffusions sanguines . Les scrofuleux succombent souvent à des hydropisies cérébrales ou à des inflammations ultimes des poumons .

La jeune enfance, la puberté et l’âge critique sont les moments de prédilection pour la survenue de cette redoutable maladie . On a vu des guérisons spontanées lors de la puberté, comme si la maladie disparaissait d’elle-même . Mais la marche de la scrofule est généralement longue, avec des périodes de rémission parfois complète qui semblent liées aux saisons (amélioration en été) . La scrofule n’est pas contagieuse mais est souvent grave surtout chez les gens d’un tempérament lymphatique .

Le traitement : il faut utiliser beaucoup de toniques comme l’iode, le soufre, les eaux minérales sulfureuses, le chlorure de baryum ou les chlorures alcalins contre les ulcères . Les plantes amères sont indiquées aussi comme le houblon, la gentiane, les feuilles de noyer, les glands de chêne bien torréfiés . Des antiscorbutiques et des vins fortifiants de muscade ou de quinium . Pour les engorgements ganglionnaires on utilise des topiques fondants et résolutifs comme la pommade à l’iodure de potassium et des collyres mercuriaux pour les ophtalmies .

Mais surtout on recommande des moyens diététiques et hygiéniques : une habitation saine et un climat chaud, du soleil, de l’air, de l’exercice physique, des bains froids en rivière ou en mer, une alimentation saine et variée et l’usage du vin .

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Maintenant à défaut de tout, se faire toucher par un roi amène parfois la guérison .

3 octobre, 2007 à 8:06 | Commentaires (1) | Permalien


Le fils de Dieu était-il schizophrène ?

Les religions sont à la fois la pire et la meilleure des choses . La pire car certains discours basés sur des histoires un peu fantasques mènent souvent à des fanatismes meutriers . La meilleure, car elles apportent un enseignement spirituel et donnent une dignité, une valeur à chacun d’entre nous .

Néanmoins que les esprits ouverts et ceux moins ouverts acceptent enfin d’ avoir un autre regard sur le personnage historique qui est le fondateur de la religion chrétienne , acceptent aussi de remettre en question leur croyance sans pour autant se croire en danger eux-mêmes . Le doute fait partie de la foi et la complète . La force d’une croyance, c’est de savoir accueillir la critique .
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Jésus est venu au monde en Israël, il y a 2000 ans, d’une façon miraculeuse, né d’une vierge nommée Marie . Il grandit, se fait des disciples, prêche une morale, accomplit des miracles, annonce la venue du Royaume de Dieu et le jugement dernier, est trahi par un de ses disciples, se fait crucifier et ressucite 3 jours après . Quelle histoire incroyable, tout de même ! Hélas le tableau n’est pas si rose…
Car Marie a été enceinte avant le mariage…Joseph n’était peut-être pas le vrai père . Selon le Talmud juif, effectivement, il est question d’un soldat romain .Jésus a peu-être inventé cette idée d’être le fils de Dieu pour combler cette absence de père qui va le faire souffrir toute sa vie . Ensuite il grandit et à l’adolescence fait quelques fugues répétées qui traduisent un certain déséquilibre psychique . Une fois, il part 3 jours sans avertir ses parents et se réfugie dans le temple pour y tenir des propos bizarres aux docteurs de la loi . Quand ses parents le retrouvent, il marque une réelle indifférence émotionnelle et leur donne une réponse pour le moins délirante : « je suis dans la maison de mon père »

Ensuite, de 12 à 30 ans, ce sont les « années perdues » de Jésus . C’est le vide dans l’évangile . Certains écrits profanes parlent à ce moment-là, d’un grand voyage en Inde et au Tibet durant 18 ans . Il a peut-être été étudier ou chercher un mieux être ailleurs . Des rouleaux antiques mentionnent son passage . Il y a des écrits sur lui dans une librairie à Lhassa et dans le couvent d’Hémis: 200 versets de la vie de « Saint Issa », nom sous lequel il s’est fait connaître là-bas .jesusautibet.jpg

De nombreux écrits signalent sa présence dans plusieurs endroits en Inde et notamment après l’épreuve de la croix . Jésus aurait donc pu survivre à la crucifixion, on l’aurait descendu de la croix avant qu’il ne meurt, ce qui expliquerait, bien entendu, sa résurrection .

Et à 30 ans, les évangiles reparlent de lui . Il est baptisé par Jean le Baptiste, lebaptistefou.jpgune sorte d’excentrique qui, de toute évidence, souffre de quelques dérangements . Il vit dans le désert, vêtu d’une peau de chameau, se nourrissant des sauterelles et passant tout son temps à baptiser des gens dans le Jourdain, tout en proclamant la venue du Messie . Lorsque Jésus, ayant plongé sa tête dans l’eau, la ressort, il est en proie à un délire et à des hallucinations : il voit le ciel se déchirer, l’Esprit de Dieu descendre sur lui et entend une voix  » tu es mon fils bien aimé, tu as toute ma faveur  » (Marc) . Après le baptême, Jésus souffre d’une crise aigüe d’angoisse avec anorexie mentale et s’enfuit dans le désert pour 40 jours . Comme Jean le Baptiste, il mange des sauterelles . Et alors il affronte le diable qui le met à l’épreuve en lui demandant de changer des pierres en pains . Jésus qui était alors persuadé d’avoir des pouvoirs surnaturels, lui résiste, puis se sont les anges qui l’approchent et le suivent (Mathieu) Mais on ne dit rien de son retour parmi les siens . Peut-être l’ont-ils récupéré, affamé et deshydraté, bien avant les 40 jours …

Jésus qui était un peu en concurrence avec Jean le Baptiste, son maître spirituel, peut tout à coup avoir toute latitude, lorsque celui-ci est emprisonné, sans doute pour un excès d’excentricité . Alors pour Jésus, les idées de grandeur s’accélèrent : « l’Esprit du Seigneur est sur moi  » (Luc) « Quiconque regarde une femme et la désire a déjà commis dans son coeur l’adultère . Si ton oeil droit est une occasion de péché, arrache le et jette le car mieux vaut pour toi que périsse un seul de tes membres et que tout ton corps ne soit pas jeté en enfer  » (Mathieu) Cette déclaration n’est évidemment pas celle de quelqu’un sain d’esprit . C’est un encouragement à l’automutilation que l’on voit souvent chez le schizophrène, pour se prémunir de fauter ou se punir d’avoir ressenti du plaisir . Jésus est de plus en plus déconnecté de la réalité . Il encourage ses disciples à adopter un comportement asocial, en vivant sans argent, de mendicité, aux frais de la société. .

Durant ses nombreuses prédications, Jésus se fait des ennemis et l’opposition qu’il rencontre développe sa paranoïa et sa méfiance .sarkojesuschristgz0.jpg

Il ne parle qu’en paraboles que même ses disciples ont du mal à comprendre . C’est un discours délirant sur le diable, les anges, les justes, les méchants, le royaume des cieux et le jugement dernier: « je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair » (Luc)

diable68620.jpgParfois même il prend un de ses disciples pour le diable : « passe derrière-moi, Satan! a-t-il dit à Pierre , « pourquoi cherchez-vous à me tuer? » disait-il aux juifs . Ceux-cis lui répondaient : « tu as un démon! » (ce qui voulait dire à l’époque : tu es fou ) . Et Jésus restera toujours persuadé qu’on veut le tuer, il avait peur tout le temps, croyait à un complot contre lui .

Il restait souvent seul . Comme bien des schizophrènes, il ne supportait pas la proximité des autres et le contact physique . Alors régulièrement, il s’isolait, pour se calmer , se sentir plus en sécurité . Et à ces moments-là, il entendait la voix de son père et conversait avec lui . Il était seul à le voir et à l’entendre et n’a jamais eu aucune autocritique face à ces hallucinations . Peu à peu, il en arrive à se prendre non plus pour le fils, mais pour Dieu lui-même : « moi et mon Père, nous sommes un » (Jean) .sarkozyrevelation.jpg

 

Plusieurs fois Jésus s’est montré violent . Il a tout cassé dans le temple, s’en est pris aussi aux animaux et aux gens en utilisant des cordes comme fouets . Ce sont de vraies crises d’agitation, peut-être se débattait-il contre des démons, des hallucinations . Il terrorisait ses disciples pour les obliger à se soumettre à sa doctrine et il faisait peur avec la Géhenne (l’enfer) . Il était véritablement obsédé par le châtiment éternel, par sa croyance en l’enfer et ses délires sur la fin du monde : il parlait de guerre, de famines, de tremblements de terre, de persécutions « et le fils de l’homme ( expression qu’il utilisait souvent et qui ne veut rien dire) viendra, escorté de ses anges, pour prendre place sur le trône ». (Mathieu) Il se croyait investi d’un pouvoir royal et capable de condamner les gens à l’enfer ou de leur donner la vie éternelle .

Il a donné sa chair à manger et son sang à boire, ce qui ressemble étrangement à du cannibalisme . Lorsque sur le monts des oliviers, Jésus en pleine crise d’angoisse, se sent persécuté et trahi, des gouttes de sueur perlent à son front et deviennent du sang. Peut-être ici aussi, un signe d’automutilation, de scarifications .jsusscarifi.jpg

Ensuite il est emmené devant Pilate qui lui demande s’il se prend toujours pour le fils de Dieu Et là, même devant une menace de mort, il croit encore ferme à son délire . Il est donc crucifié .

Mais dans les évangiles apocryphes, on ne mentionne pas cette crucifixion et encore moins sa résurrection …

Jésus était en réalité un être très souffrant, perturbé par des hallucinations auditives et visuelles permanentes . Ses décompensations ont été parfois violentes . Il n’a jamais pu s’adapter à la société de son époque, il s’est isolé et réfugié dans sa croyance selon laquelle, fils de Dieu, il était venu sauver l’humanité .

S’il vivait aujourd’hui, il serait immédiatement interné et bourré d’antipsychotiques .

25 septembre, 2007 à 14:46 | Commentaires (27) | Permalien


Le Scorbut

C’est une abominable cachexie sévissant par endémie bien souvent . Elle entraîne des hémorrhagies multiples, un ramollissement des gencives et un affaiblissement général .scorbut96.jpg

La maladie commence par une bouffissure du visage : la peau prend un teint jaunâtre assez proche de la couleur que laissent les ecchymoses . Une lassitude extrème et une tristesse surviennent . Et ces symptômes augmentent peu à peu d’intensité tandis que les forces diminuent . C’est juste si les jambes parviennent encore à supporter le poids des malades . Le moindre effort provoque une dyspnée violente .Les patients se plaignent de douleurs dans les jambes et d’une sensation désagréable dans la bouche . Les gencives gonflent, deviennnent pâles et livides, spongieuses et saignantes . La mastication est douloureuse et la bouche exhale une odeur des plus fétides .

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Apparaissent alors des petites tâches hemorhagiques sur les jambes et le tronc . C’est un petit piqueté d’un rouge un peu vif semblable à des pétéchies . Un oedème se forme aux malléoles et aux tâches pétéchiales s’ajoutent des ecchymoses étendues, des infiltrations sanguines formant de larges plaques bleuâtres . Et la teinte, qui varie au fil des jours qui passent, fait penser à l’aspect d’un marbre bien veiné . Au toucher la peau est dure et sèche, on y observe parfois des squames . Les malades se plaignent alors de douleurs des os, aux jointures surtout, et les genoux enflent . Ces douleurs scorbutiques sont sujettes à changer de place assez furtivement . Des hemorrhagies surviennent par les muqueuses et par la peau en différents endroits . Le pouls n’est plus naturel, il s’emballe au moindre effort . Il existe un fort dégoût des aliments . A une constipation opiniâtre fait suite des diarrhées sanguinolentes . Les gencives de plus en plus douloureuses s’ulcèrent et répandent une odeur insupportable, tandis que les dents se détâchent et tombent

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Sur la peau peuvent aussi apparaître des ulcères, on assiste à de véritables hemorrhagies intestinales, à des hydropisies, à des caries des os et puis une fièvre hectique annonce alors une fin prochaine . La putréfaction marche avec une grande rapidité chez les scorbutiques . Tous les tissus , les viscères et même les os ont une tendance marquée au ramollissement . Le sang lui-même devient une matière noirâtre bourbeuse dans laquelle flotte quelques filaments de gelée brune.

Dans les causes, on retient le froid humide, les atmosphères confinées, le manque de lumière et surtout l’insuffisance d’aliments comme les légumes et les fruits frais . Cette maladie est malheureusement endémique pour cette raison dans les prisons, les hospices, dans les entre-ponts des navires, chez les malades mentaux, les matelots et les soldats . Et il est indéniable que les impressions morales tristes, les découragements, les chagrins concourrent puissamment à engendrer et propager cette cruelle maladie . Chez les individus affaiblis ou trop chagrinés, le scorbut se développe plus rapidement . Les signes les plus fâcheux sont la persistance d’hemorrhagies, l’altération du sang et l’ulcération des gencives . On peut espérer une issue heureuse lorsque ces symptômes s’amendent, que l’on voit les tâches hemorrhagiques, les douleurs et les lésions buccales s’atténuer et que les forces et l’appétit reviennent .

Le traitement: il faut aérer convenablement les lieux, y chasser l’humidité nocive et y entretenir une température raisonnable . Mais surtout, donner aux malades une alimentation équilibrée réparatrice avec légumes frais, viande . L’usage de plantes anti-scorbutiques est recommandé: cresson, cochléaria, raifort .oranges.gif

 

On doit aussi avoir recours aux fruits acides tels que citrons, oranges.. dont on retire le jus pour le donner en boissons et même pour l’employer en frictions sur les ulcères et les gencives . On préconise aussi les toniques comme le quinquina .

14 septembre, 2007 à 9:07 | Commentaires (14) | Permalien


La Belle Indifférente

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Le mot « Hystérie » vient du grec « hustera » qui signifie : matrice . Selon Hippocrate, l’utérus est un organe vivant capable de se déplacer . Il peut aussi enfler, saigner, suffoquer et provoquer des convulsions . Ainsi l’hystérie correspond à un ensemble de troubles liés à ce déplacement de l’utérus et on lui curedepnis.jpgattribue comme cause un manque de rapports sexuels . (penis curantur dulcima repetatur-une cure de pénis douce et répétée- préscrivait Freud en son temps )

Cette maladie d’amour n’a qu’un remède, selon hippocrate, il faut consommer . Mais attention, point trop non plus car l’orifice vaginal pourrait s’agrandir et les règles seraient alors trop abondantes et néfastes .

« La définition de l’hystérie n’a jamais été donnée et ne le sera jamais ». Lasègue 1884

En fait, 4 thèmes principaux décrivent l’hystérie : le théâtralisme, la souffrance, le cadre et la séduction .

Voici le cas de Mme A : c’est une personne très infantile, exigeante, toujours insatisfaite et émotive . Elle ne supporte aucune contrariété ni aucune frustration

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Elle a fait de nombreuses tentatives de suicide, quelques unes auraient pu être graves . Elle dit s’ennuyer à mourir à l’hopital et avoir toujours été déçue par les gens . Et ces reproches sont surtout adressés bien sûr, à ceux qui ont fait le plus d’efforts pour la comprendre et l’aider . Elle se plaint en continu de troubles somatiques divers et variés et a consulté un nombre considérable de spécialistes. Elle souffre pour le moment d’un genou . Elle est égocentrique, passe du rire aux larmes très rapidement . Elle cherche toujours à séduire, à plaire, à émouvoir son entourage et pour ce faire, utilise maints procédés de manipulation . Elle est capable de désorganiser rapidement toute la vie quotidienne d’un service aussi bien du côté des patients que de celui des soignants . Elle transgresse les règles et compare les infirmiers, en préfère certains un jour et change d’avis le lendemain . Elle trouve toujours des failles dans la prise en charge et les exploite au maximum.Dans l’équipe, l’agacement monte et risque de se transformer en rejet . Nécessité est d’établir un cadre strict qui concilie à la fois le soutien, l’aide et la distance thérapeutique . Savoir en même temps être proche et loin .

Le Théâtralisme : il est exubérant et inadapté . Ce sont des chutes répétées, des expressions de douleur extraordinaire, des malaises très bien simulés .hystriquejoueuse.jpg

Elle fait n’importe quoi de son corps, s’expose dans des attitudes et des tenues parfois indécentes . Un jour elle s’était même enduite de caramel pour se faire désirer et exciter l’avidité de certains hommes. Elle adore s’allonger par terre ou mieux, chuter dans des endroits où il y a du monde . Nous lui proposons alors une aide sans précipitation et sans trop nous approcher . Les autres malades, inévitablement, ou leurs familles, nous critiquent et Mme A nous toise alors d’un regard très expressif . Elle ne nous présente que ses symptômes et les agit , en nous enfermant dans ce cercle vicieux . Elle joue en évitant consciencieusement d’avoir une relation authentique avec l’autre . Les soignants malgré eux deviennent aussi des acteurs, ils ne connaissent pas la pièce mais sont obligés de donner la réplique . S’ils refusent, c’est l’escalade : des cris, des colères et l’augmentation des symptômes jusqu’à l’appel de l’interne…on craint de passer à côté d’un vrai trouble somatique . Jusqu’à quel point l’hystérique est-elle capable de pousser le jeu, de se mettre réellement en danger ? L’équipe se sent impuissante, et risque de répondre par de l’agressivité ou d’utiliser des moyens de contentions .

La Souffrance : si le théâtralisme fait jouir la patiente, elle est pourtant dans une souffrance morale réelle, difficile à mettre en mots . Mme A souffre atrocement d’un genou . Quoi faire? Commencer par consulter un spécialiste . Celui-ci ne voit rien à priori mais préscrit une radio . La malade est rassurée, enfin on va trouver le mal qui est en elle et qui l’empêche de vivre ! Dans cette attente, elle est plus calme . Mais elle montre sa douleur et se fait aider par les autres patients . Le spécialiste ne trouve rien à la radio . Mme A est alors au plus mal et passe une journée détestable . Mais le lendemain elle parle de douleurs réelles situées dans le cerveau que nous ne saurons pas diagnostiquer . Le symptôme a changé de place dans la nuit . Les examens n’ont servi à rien . Comment trouver un équilibre entre banalisation et sur-médicalisation ?

Le cadre : L’équipe est en danger . L’hystérique sème le bordel, épuise, inquiète et met le personnel en difficulté aussi avec les autres patients . Il faut établir un cadre pour se protéger, donner des limites pour rester dans la cohésion du soin . Ce cadre permettra d’écouter, de réfléchir et d’élaborer des réponses d’équipe . Il ne s’agit pas d’un cadre de fermeture, de contrôle mais d’un entourage, d’une mise en valeur . Si le cadre ressemble à un carcan il risque de devenir un nouvel objet de plainte, de revendication et la patiente, de toute façon, parviendra encore à y trouver des failles dans lesquelles s’engouffrer . Il faut savoir écouter, mettre en place des entretiens, avec l’assentiment de la malade, lui permettre de déposer en chacun d’entre nous . Il faut délimiter pour structurer et non pas supprimer et punir .

La séduction : C’est l’ »histrionisme » : attitude infantile faite de sensibilité exacerbée, d’exhibitionnisme, de plaintes multiples .sductrice.jpg

La patiente adopte des comportements de séduction, elle a le souci de plaire de façon toujours inadaptée et exagère volontairement ses émotions . Mme A recherche le contact, le toucher, elle caresse les cheveux du personnel, les mains . Elle se permet parfois de tutoyer et érotise ses relations . Si le soignant répond à la séduction, il fait naitre de l’angoisse, s’il résiste, il provoque l’agressivité . La séduction exprime des sentiments infantiles, une pauvreté affective et une intolérance à la frustration . Comme une enfant avec ses parents, l’hystérique a besoin de se savoir au centre de nos préoccupations .

Comment faire avec les hystériques? Elles parlent mais n’employent pas le bon langage . Il faut les aider à trouver les mots, à donner un sens, à traduire leurs attitudes . Plus que d’un savoir-faire, il faut un savoir-comprendre . Ne pas buter sur le symptôme, mais le contourner .

13 septembre, 2007 à 10:09 | Commentaires (2) | Permalien


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