Prendre soin des autres

Médicaments ou psychothérapie ?

Mais que sont devenues les belles et productives folies d’autrefois ? Les traitements ont fini par transformer les tableaux . Au délire exubérant succède une pensée terne, renfermée et bien appauvrie . Le trop plein de sens a laissé la place à un vide de sens sidérant . Auparavant le malade était débordé par sa vie fantasmatique qu’il ne parvenait pas à contenir . Aujourd’hui, avec les médications, les pensées se délitent et qu’en reste-t-il ? Hébétude, faux réalisme et perte de sens du symptôme . Les malades déambulent, automates désactivés .

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Le soignant lui-même ne s’y retrouve pas, enfermé lui aussi dans le vide à la recherche du sens perdu . Nos patients souffrent maintenant d’appauvrissement, et cette souffrance-là ne peut être amendée par aucun traitement . Faut-il pour autant renoncer complètement aux bénéfices des médicaments ? Non car les angoisses psychotiques sont toujours aussi intolérables . On doit les calmer .

 

La bonne parole du soignant, sa capacité d’interprétation, même bien aiguisée, ne suffit pas, de toute évidence, pour apaiser . Mais il faut savoir utiliser une posologie suffisante pour rendre les angoisses supportables sans pour autant « éteindre « le malade . Le soignant doit accorder un maximum d’importance à la vie intérieure, ce qui, dans le monde actuel de la psychiatrie, comme dans notre société en général, n’est plus du tout au goût du jour . Maintenant, on valorise le rendement, la bonne adaptation à la norme . Il faut que les patients au moins en apparence, présentent bien . Le symptôme dérangeant qui marginalise est à faire disparaître à n’importe quel prix . Pourtant, dans la relation thérapeutique, ce symptôme est un auxiliaire précieux . Il impose des résistances, des défenses et donc donne du mouvement et de la vie à la relation .

Voici un exemple clinique qui illustre bien ce problème :

Mr X , 40 ans environ, homme d’affaire en vue, vient à la consultation psychiatrique pour nous dire qu’il est persuadé que sa femme le trompe . Il a tout noté dans ce qu’il appelle « un guide de l’infidélité » qui comporte leguidedelinfidlit.gif
une liste des adultères commis . Il veut obtenir pour lui un certificat de bonne santé mentale, ainsi que notre témoignage lors du procès de divorce qu’il entreprend . Il apparait que ce monsieur n’a par ailleurs aucun souci dans son travail et qu’il vit tranquillement dans son foyer avec sa femme et ses trois enfants . Il présente de toute évidence un délire de jalousie, mais très bien focalisé .

Dans l’entreprise où il travaille, il occupe un poste de responsabilité . Il est grand, imposant, rigide, sérieux et d’une froideur impressionnante . Il doit savoir plus se faire obéir que se faire aimer . Son attitude elle-même est un mur de défense : il refuse de nous donner des renseignements sur sa vie antérieure, disant que ce n’est pas de lui dont il s’agit .

Alors on s’intéresse à son énumération, les signes qui sans conteste, prouvent que sa femme le trompe, et il en a collecté une bonne quarantaine . En voici quelques uns : un jour, il est revenu à la maison sans prévenir, et elle avait changé de robe . Une autre fois, elle fredonnait en lavant le sol, elle qui n’est jamais satisfaite…ces signes de gaieté trahissaient manifestement un adultère . Compte tenu que Mx ne tient pas à parler d’autre chose, on lui propose d’examiner un à un tous ces signes, de façon à l’amener à élaborer, à associer autour de chacun d’eux . Ainsi on parvient sans qu’il s’en rende compte à établir une relation de confiance pour qu’il puisse mieux se livrer . Et il revient à chaque scéance à l’heure dite et même apporte ses reflexions . De plus en plus il montre sa peur d’être trompé, déçu, trahi, abandonné…comme s’il cherchait désespéremment à retenir un objet d’amour perdu . Nous avançons lentement, les mois passent . Puis il nous fait part de quelques problèmes qu’il a eu dans son travail il y a un an environ . Son patron partant à la retraite, il pensait être le seul qualifié, compte tenu de son expérience, pour le remplacer. Mais on a fait venir un étranger, un jeune en plus . Et M.X s’est senti vexé, trahi, abandonné . Il a bien songé à quitter l’entreprise . Mais il s’est ravisé . Depuis, il se contente de surveiller son nouveau patron . En tout cas , la blessure narcissique est importante et semble avoir joué un rôle important dans le déclenchement de sa jalousie envers sa femme .

Puis , une fois, M.X en est venu à parler de son père…On s’y est évidemment intéressé . Mais sa réaction a alors été pour le moins inattendue . Il s’est levé, a courru vers la fenêtre . Puis est resté immobile, le dos tourné . Ses épaules tréssautaient . Et oui, ce grand monsieur, homme d’affaire rigide, puissant, cachait son visage dans ses mains pour pleurer .pleurer.jpgagé, incapable de faire face . Alors il s’est mis à raconter : « Quand il avait 10 ans, sa mère tuberculeuse était à l’hôpital et son père l’avait emmené en voyage aux USA, et ils assistaient à une partie de baseball . Il faisait très chaud et il pleurait en réclamant à boire sans cesse . Son père finit par accepter d’aller lui chercher à boire : « attends moi ici, ne bouge pas , j’y vais! » et il s’est enfoncé dans la foule . En chemin, il fut foudroyé par une crise cardiaque .

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Et le petit attendit longtemps, pleurant, terrorisé, paniqué . Des étrangers l’ont alors emmené dans un grand bureau plein de policiers et il fut expédié par avion dans son pays pour revoir sa mère mourante et être ensuite adopté par une tante qu’il ne connaissait pas . Comment alors pour lui enfant, faire entendre sa peur, son sentiment de trahison, d’abandon et en même temps de culpabilité ?

Quand un délirant paranoïde parvient à pleurer, c’est qu’il va mieux . Et peu à peu M.X a pu reparler plus facilement de son enfance, il a même retrouvé quelques photos et tente maintenant de faire la paix avec ce passé douloureux . Il a vite abandonné son catalogue d’indices contre sa femme . Il ne fut plus question ni de certificat de bonne santé, ni de témoignage et encore moins de divorce . Il a beaucoup parlé de cette figure paternelle qui lui a tant manqué, de sa peur d’être trahi ou d’être coupable à la fois .

Son délire, il ne l’a pas contesté, ni désavoué, il l’a simplement désinvesti .

11 septembre, 2007 à 14:48 | Commentaires (0) | Permalien


la Folie à Deux

Mr R, 54 ans se retrouve hospitalisé pour délire de persécution .

Son père, soldat de Napoléon, a connu l’exil en Sibérie et en a beaucoup souffert . Ensuite la chute de l’empire soldatdelempire.jpgl’assombrit encore davantage . Il devint triste, méfiant, ombrageux et vers la fin de sa vie fut en butte à des idées de persécution qui évoluèrent vite en un véritable délire . Sa mère, d’un tempérament faible, tomba malade à la suite d’une couche malheureuse et en resta souffreteuse .

M.R a aussi un tempérament délicat . Jusqu’ à l’âge de 7 ans il dut garder le lit à la suite d’un croup rebel et tous les hivers il souffrit d’engelures terribles . Intelligent et doué malgré tout d’aptitudes diverses, il a toujours peiné à avoir des camarades, préférant la solitude et restant constamment obnubilé par un unique souci : sa santé . Il dit que l’Eau de Goulard, eaudegoulard.jpgremède qu’on lui a longtemps fait prendre pour soigner ses engelures l’a empoisonné petit à petit . Et ce fut là le point de départ de sa mauvaise santé actuelle . L’oxyde de plomb contenu dans le produit s’est répandu dans son sang et l’a altéré à jamais . Depuis il est envahi par des positions hypocondriaques qui l’empêchent de conserver un travail régulier . Il vit de petits boulots suivant son état mental . Il sort peu et ne voit personne .A 27 ans, il a quand même connu MmeX qui est devenue son épouse . Elle a maintenant 47 ans . C’est la fille d’un marchand de vin alcoolique, vif et emporté, qui battait sa femme et ses 14 enfants dont 10 sont morts en bas âge . Mme X s’est élevée toute seule, n’a que peu été scolarisée . A 20 ans elle est partie loin de chez elle pour travailler comme brodeuse de coiffe .reinebrodeuse.jpg

Après leur mariage, M.R est resté maladif, concentré, mélancolique, hypocondriaque . Elle, aurait plutôt été active, enjouée, robuste . Mais lui ne s’intéressait qu’à son chez lui et elle s’est pliée finalement à son genre de vie . Ils partageaient tout et avaient les mêmes opinions sur chaque sujet .

Mais bientôt survinrent, alimentées par quelques revers de fortune, des idées erronées . Une de leur voisine, ayant eu une relation extra-conjugale, fut dénoncée anonymement par la concierge médisante .concierge.gif

De suite, on a cru que les dénonciateurs étaient M.R et Mme X et depuis, on ne cesse de s’acharner contre eux en leur faisant mille tracasseries . D’ailleurs on est très vite passé aux actes, en mettant des ordures sur leur paillasson ou dans les escaliers pour les faire tomber, ou en faisant du bruit la nuit pour les empêcher de dormir .

La persécution prit rapidement des proportions plus grandes : tous les voisins se sont ligués contre eux . Un employé des postes s’est mis de la partie pour leur supprimer des courriers importants . On chuchotte contre eux, tout le quartier médit . Des pétitions circulent pour les chasser . La Franc-maçonnerie est à leurs trousses . Le malheureux couple a du déménager plusieurs fois . Mais à chaque logement, les choses se reproduisent . Ils finirent par porter plainte auprès du commissaire de police, et au préfet, au procureur, aux ministres, au président . A ces plaintes se mêlèrent des plans de conceptions gigantesques . La femme se faisait conseillère et lui écrivait . Ils se disaient en relation avec des puissances étrangères, et avaient empêcher des guerres d’éclater .

Tous deux partageaient les mêmes idées et en étaient pareillement convaincus .

M. R fut finalement interné à St Annesteanne.jpg

pour délire de persécution avec hallucinations de l’ouïe, récriminations contre le gouvernement et les Francs-maçons . Idées érronées de complot, de menace de mort . On notait que des conceptions délirantes similaires semblaient être communiquées à l’épouse . Et celle-ci dehors pestait sans cesse contre la séquestration injuste de son mari . Les persécutions continuaient contre elle, l’obligeant encore à déménager . Son délire empira de jour en jour . Et à force d’adresser des plaintes à toutes les autorités, elle fut à son tour internée .

Il est des cas plus fréquents qu’on ne le croit, où une personne délirante parvient à dominer et à convaincre une ou plusieurs personnes de son entourage de la réalité de ses conceptions maladives . Cette transmission d’idées délirantes d’un individu perturbé à un autre sain d’esprit est bien connue . L’autre devient ainsi un aliéné par reflet, sans être vraiment fou . Le vrai délirant est souvent quelqu’un d’intelligent et assez cultivé . Tandis que le faux malade est un personnage passif ou faible d’esprit comme un enfant, un vieillard ou une épouse soumise qui accepte tout . Dans la plupart des cas observés, les sujets se trouvent ensemble depuis longtemps, partageant les mêmes avis, les mêmes craintes … Les idées de persécution, les idées orgueilleuses et religieuses sont celles qui se communiquent le plus aisément . La contagion se fait parfois rapidement, en quelques jours . Quelques fois le sujet passif reste convaincu qu’à moitié et tente de résister un peu en réagissant plus ou moins .

Sauf dans notre exemple, il est rare que le sujet influencé suive son congénère aliéné jusqu’au bout . Il est crédule surtout pour ce qui se rapproche de la vraissemblance . Quant à la partie trop exagérée du délire, s’il l’accepte, il la modifie, l’adapte un peu aux apparences de la réalité . Un individu sain ne peut être influencé complètement, pour arriver à l’aliénation proprement dite . Sauf pour Mme X, la folie communiquée de toutes pièces n’existe pas .

2 septembre, 2007 à 13:16 | Commentaires (0) | Permalien


Le CROUP

« Le croup, monstre hideux, épervier des ténèbres   Sur la blanche maison brusquement s’abattit   Horrible et se ruant sur les pauvres petits   Les saisissant à la gorge, noire maladie . » Victor Hugo

C’est une grave affection qui touche principalement les enfants jeunes . Il y a une inflammation qui prend à la gorge dans laquelle il se produit un dépôt blanchâtre épais, ressemblant à la couenne de lard, d’où son autre nom : angine couenneuse .

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Ce dépôt commence en général sur les amygdales et peut gagner ensuite rapidement le larynx qu’il rétrécit au point d’amener des difficultés respiratoires . Lorsqu’il est complètement obstrué, l’enfant meurt étouffé . Sous le dépôt couenneux, les muqueuses sont rouges et enflammées et il peut se rajouter aussi un engouement pulmonaire, un catarrhe et un emphysème .

Le début peut se faire sous la forme d’un simple mal de gorge trompeur, mais qui tend à se prolonger et qui s’accompagne d’une toux catarrhale . Puis alors, après 6 ou 7 jours apparaissent les fausses membranes sur les amygdales, le voile du palais . Peu à peu la toux s’assèche , et la respiration se fait pénible . Il y a une perte de gaieté et d’appétit . A l’enrouement fait suite une aphonie .Les symptômes évoluent et il n’est pas rare que l’enfant ressente une vive douleur dans le larynx, suivie de crises de suffocation qui se répètent . Les malades éprouvent une strangulation et s’élancent parfois en sursaut comme s’ils étaient sur le point d’étouffer ou que quelqu’un cherchait à les étrangler .suffocation.jpg

Dans cet effort, ils parviennent à expectorer quelques fausses membranes et semblent alors en être soulagés . Mais les accès récidivent sans tarder . On entend à l’auscultation les tremblements, les vibrations des fausses membranes croupales sous les efforts vains de respiration .

Les malades sombrent alors dans une somnolence inquiétante, premier degré de l’asphyxie . Et la vie s’éteint quelques fois sans secousse ou au contraire dans de violentes convulsions . Cette terminaison funeste est hélàs fréquente . Elle peut même survenir en quelques heures, le plus souvent en plusieurs jours, rarement plus d’un septénaire . Mais si le malade parvient à expulser suffisamment de fausses membranes, il peut connaître un mieux . Les accès de suffocation s’espacent, la voix renait et la convalescence s’établit .

On ne connait pas de causes évidentes . Il s’agit souvent d’épidémies touchant surtout les garçons entre 2 et 7 ans .

Le traitement : avant les crises paroxystiques, il faut frotter fortement les dépôts couenneux avec de l’eau phénique ou du jus de citron, ou encore avec du nitrate d’argent et du Calomel, à l’aide d’un pinceau de charpie et répéter cette opération souvent et même pendant la nuit . Il convient aussi de donner des vomitifs, du tartre stibié ou du sirop ou de la poudre d’ipéca-cuanha dans peu de liquide . Ce qui importe c’est d’obtenir les secousses du vomissement pour détâcher les fausses membranes qui étranglent l’enfant . On est souvent obligé de faire vomir plusieurs jours et nuits, c’est le traitement qui sauve le plus de malades . Si l’enfant se rétablit, il faut alors le nourrir avec des bouillons, du vin et surtout de la « viande hachée crue » (celle de jeune veau qui ne contient presque jamais de parasites) .

Toutes les personnes qui approchent le malade peuvent être contaminées . Pour éviter la contagion, il faut toujours avoir les mains et la figure humectées avec de l’eau phénique, éviter de respirer en face du patient, et mettre à tremper tout de suite dans l’eau phénique tous les objets atteints par les crachats .

Mais lorsque les progrès du mal sont rapides, il n’existe qu’un moyen qu’il ne faut pas hésiter à employer : la trachéotomie sans attendre que la phase de somnolence soit arrivée, de préférence .tracheo.jpg

C’est le Dr Bretonneau qui, le premier, le 24 avril 1873, sauva un enfant de la suffocation croupale grâce à une trachéotomie de fortune . Il pratiqua habilement par une incision de la trachée, une ouverture dans le larynx de l’enfant et y plaça une canule en gomme . Les gouttes de sang qui pénétrèrent à l’intérieur provoquèrent des quintes de toux salvatrices . Effectivement, elles permirent à des lambeaux considérables de fausses membranes d’être retirées par cet orifice . Quelques jours après, l’enfant était en parfaite santé. Bretonneau améliora peu à peu sa technique, remplaça les canules en gomme par des canules coudées en argent, plus aisées à nettoyer, car il est nécessaire d’extraire souvent à l’aide d’un écouvillon bien adapté, tous les produits morbides qui viennent les remplir .

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Le Dr Bretonneau, assisté de ses confrères et internes en train de pratiquer sa première trachéotomie .

31 août, 2007 à 10:20 | Commentaires (1) | Permalien


la Bestialité ou l’amour des bêtes

C’est une déviation de l’appétit génésique, bien connue, depuis l’Antiquité . La colère de Vénus et sa vengeance en seraient à l’origine . L’exemple le plus connu est celui de Pasiphaë qui conçut une passion pour un taureau . Et de ce commerce infâme naquit le minotaure, monstre moitié homme moitié taureau .mediumminotaure.jpg

Hérodote, célèbre historien, a beaucoup parlé de cette coutûme . Il décrit une pratique fréquente en Grèce, en Asie, à Rome et en honneur surtout dans la ville de Thmuis : on y entretenait à grands frais un bouc bien monté avec lequel les femmes s’enfermaient dans le but d’accomplir l’acte générateur . Plutarque, Braissac, Clément d’Alexandrie décrivent aussi cet espèce de culte . En Syrie, en Egypte, en Orient et en Afrique, la bestialité est commune et n’est pas condamnée . Cet acte est parfois pratiqué par des êtres parfaitement sains d’esprit dans le but de guérir une affection vénérienne en la communiquant à un animal . L’animal joue donc le rôle bien connu de « Bouc émissaire » du moyen-âge, il prend à son compte les péchés des hommes .

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On a surpris souvent des gens à polluer des chiens, des brebis, des vaches… Ces gestes autrefois apparentés à de la sorcellerie sont bien moins punis aujourd’hui . La bestialité existe dans les deux sexes, mais elle est relativement plus fréquente chez l’homme . Mais on a malgré tout enregistré de nombreux cas de monstruosité chez des femmes se faisant saillir par des animaux .

 

Voici quelques exemples trouvés dans des rapports de police :

M.E, 35 ans, est condamné le 17 janvier 1867 à 3 mois de prison pour s’être livré à la bestialité sur ses poules . Son voisin l’a dénoncé .

M.F a été vu en train de copuler avec un de ses moutons .

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M.D, vétérinaire de son état, affirmait qu’il était impossible qu’il puisse exister des faits de pédérastie entre chien et homme, de part la conformation anatomique de l’anus de l’un et du pénis de l’autre . La réalité lui prouva le contraire : M.N fut condamné à 3 mois de prison pour s’être fait prendre par son chien , un sacré molosse que l’on a eu du mal à extraire du fondement de son maître . Il est à noter que depuis l’animal est si malheureusx qu’on pense qu’il ne survivra pas à la séparation .

On a surpris aussi, à la campagne, un enfant de moins de 15 ans avec une chèvre, un soldat avec une chienne et dernièrement un sapeur avec une jument, cherchant à se guérir d’un mal vénérien . .

On a même vu un cas, des plus rares, avec un poisson .

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Ces faits sont monstrueux, il est vrai . Mais sachez qu’il est des dépravations encore plus morbides . Il est des êtres qui recherchent le plaisir avec de la matière humaine en putréfaction comme nous le verrons dans l’article suivant .

24 août, 2007 à 14:36 | Commentaires (3) | Permalien


La nécrophilie ou profanation des cadavres

On touche au degré le plus élevé de toutes les déviations de l’appétit vénérien . Et parfois cette étrange abérration semble cohabiter avec la plus saine raison . Il s’agit pourtant de folie partielle .

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Autrefois appelés lycantropes, vampires, les malheureux nécrophiles étaient la terreur des populations . La violence de leurs passions, la dépravation de leur imagination montrent sans conteste que ces individus ont des besoins vénériens excessifs . Et une étude approfondie de ces cas met parfois en relief une hérédité implacable qui pèsent sur eux et qui apportent une explication à ces impulsions morbides dont ils sont victimes . Mais l’on doit admettre aussi que ce n’est pas toujours que l’on trouve des raisons à de tels comportements .En voici quelques exemples :

En 1878, un médecin rapporte que, se rendant chez une vieille qui la veille était mourante, surprit et chassa un moine quêteur accomplissant l’acte du coït sur le corps sans vie de la malheureuse .

Une jeune fille de 16 ans venait de mourir . En pleine nuit on entendit des bruits dans sa chambre . On accourut aussitôt et on aperçut un homme sans pantalon, qui partait en courant . On crut à un voleur , mais son habillement et certains signes dirigèrent les recherches d’un autre côté . On constata aussi que la jeune fille avait été défleurée et plusieurs fois polluée . L’individu fut rattrapé . Il répondit confusément aux questions qu’on lui posa . Il s’agissait d’un jeune homme aisé et de bonne éducation . L’enquête révéla qu’il n’en était pas à son coup d’essai . Il avoua s’être glissé plusieurs fois dans le lit de jeunes femmes mortes pour se livrer à sa détestable passion . Il fut condamné à la prison à perpétuité . On sut plus tard qu’il s’était rendu coupable de ces mêmes exactions sur son codétenu mort .

On se rappelle l’exemple du sergent Bertrand, auteur de profanation et de viols de cadavre . Pieux séminariste dans sa jeunesse, il embrassa ensuite une carrière militaire . En 1846, il déterra un cadavre dans le cimetière de Bléré en Indre et Loire et le frappa avec fureur .tombe.jpg

Le 6 Aout 1848, il fut surpris dans un autre cimetière, celui d’Ivry sur Seine, en train de déterrer une jeune fille, inhumée la veille et de lui ouvrir le ventre et l’estomac . Il avoua s’être adonné à de multiples exhumations de femmes et d’avoir pratiqué sur elles des incisions au cou, au thorax et au ventre et même d’avoir désarticulé les membres .cadavre.jpg

Et chaque fois, il reconnait éprouver de l’ardeur vénérienne et chercher insatiablement la volupté dans la putréfaction . Il avoua avoir pratiqué le coït sur tous ces cadavres .

Ce Bertrand, intelligent et raisonné, homme d’arme cultivé, ne peut être considéré autrement qu’un aliéné, au risque sinon de dégrader et de calomnier la raison humaine . Forcément il est anormal quelque part, dira-t-on à son procès .

 

Les médecins le déclarèrent atteint de monomanie érotique et de manie destructive , comme Gilles de Retz, maréchal de France, présantant les mêmes perversions diaboliques, ainsi que le célèbre marquis de Sade .

Copain de Jeanne d’Arc, Gilles de Retz , brave chevalier, bouta avec elle les anglais hors de France . Lorsqu’il chevauchait en sa compagnie, les soldats disaient : « c’est le diable qui chevauche à côté de la sainte Vierge ». Il se retira après la guerre dans son domaine de Machecoul et se livra durant 14 années à des orgies abominables au cours desquelles il massacra plus de 800 enfants . Lors de son jugement, le très sage président du tribunal Pierre de l’Hospital lui demanda : « Qui vous a induit à ce faire, assurément l’esprit du mal? » « Je ne sais, répondit Gilles de Retz, j’ai de moi-même, sans conseil d’autrui, pris ces imaginations, agissant par plaisance et luxure et y ait trouvé incimparable jouissance .

Le Marquis de Sade a crée sa fameuse théorie du plaisir sanglant . Il attitait des femmes chez lui qu’il mutilait en leur lacérant les seins . Enfermé à Charenton , il chercha à convertir ses codétenus à ses doctrines .
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Bertrand déclara avoir exhumé pas moins de 100 cadavres de femmes, sur lesquelles on a très souvent constaté l’écartement des cuisses . De toute évidence, c’est la lubricité, la monomanie érotique qui précède donc ou alimente la monomanie destructive . C’est la recherche du plaisir vénérien à profaner et mutiler les cadavres .

Le cas d’André Bichel est encore plus spectaculaire et dépasse la simple explosion de fureur érotique : après avoir violé les jeunes filles, il les assassinait et les coupait en morceaux . Au tribunal, il déclara : « je lui ouvris la poitrine, et avec un couteau, fendis les parties molles; puis j’ai débité son corps avec une hache et durant ce temps, je ressentis un violent désir de manger un lambeau de chair « .

On pourrait continuer à rapporter d’autres exemples de ces aberrations . De toute évidence, on comprend que l’instinct sexuel ne parvient pas à obtenir satisfaction par le coït, et le désir se transforme alors en fureur, meurtre, férocité, anthropophagie qui se poursuivent même après la mort de la victime .

 

24 août, 2007 à 13:49 | Commentaires (1) | Permalien


Un cas surprenant de Fétichisme du pied chaussé .

M.M, 31 ans, intelligent et cultivé, exerce une profession libérale . Il se retrouve hospitalisé pour un épisode confusionnel faisant suite à un surmenage intellectuel . C’est alors qu’il décrit un fétichisme du pied à noter dans les annales.

Les premières manifestations sont apparues vers 7 ans . Il se souvient qu’il éprouvait alors un réel plaisir à être piétiné par ses camarades, surtout ceux qui portaient de jolies chaussures . Le simple contact d’un pied chaussé lui procurait des sensations agréables . Vers 14 ans, un jour, il fut non intentionnellement piétiné par une jeune fille et il ressentit pour la première fois un orgasme vénérien voluptueux avec éjaculation

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. Par la suite il parvint à retrouver les mêmes effets sans contact réel, simplement par l’imagination . Mais il recherchait toujours des foules pour satisfaire physiquement sa déviance sexuelle . Et il obtenait des orgasmes, suivis d’un sentiment de bien-être et d’euphorie rien qu’en mettant son pied sous celui d’une femme, sans s’inquiéter de son âge et de son physique . La chaussure comptait bien plus . Et il préférait les jolies portées si possible par de jolies filles . Il lui arrivait de se contenter de jeunes garçons . Mais il avait éliminé les gens de sa famille parmi les personnes capables d’assouvir ses désirs .

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L’envie le prenait parfois de collectionner les chaussures féminines mais il s’en gardait de le faire, craignant d’être découvert . Par contre, il jouait avec dans les magasins, les tripotait, les observait dans les catalogues et en dessinait fréquemment .

Il n’a pas de souvenir concernant un évènement quelconque qui aurait pu déclencher son fétichisme . Et vers 20 ans, il éprouva un penchant particulier pour une jeune fille . Il s’efforça de réfréner ses désirs de piétinements et adopta un comportement normal . Mais en vain, très vite il souffrit d’une crise d’asthénie . Il ne parvenait à aucun plaisir sexuel sans être piétiné . Il se maria malgré tout . Mais il garde un pénible souvenir de leur voyage de noces : il lui fallait par tous les moyens parvenir à mettre ses pieds en contact avec ceux de son épouse . Elle, de son côté, cherchait à lui plaire et tentait des rapprochements normaux que visiblement il refusait . Au bout d’un temps le désir de piétinement refoulé réapparut avec une frénésie indomptable et il finit par demander à sa femme de le piétiner . Elle accepta, sans vraiment comprendre, mais exigea qu’il mette des couvertures sur lui pour ne pas lui faire mal . Et il ressentit alors la même satisfaction qu’avant son mariage, avec un orgasme vénérien et une éjaculation . Et les séances de piétinement se répétèrent à peu près une fois par semaine . Les pieds nus lui procuraient du plaisir, mais moins que ceux chaussés . Et jusqu’à l’orgasme, il n’éprouvait nullement de douleur, celle-ci se faisait sentir après .

Sa femme finit par prendre elle aussi un peu de plaisir à pratiquer les piétinements . Mais en contre partie elle réclamait des caresses et des baisers qu’il lui donna . Plusieurs fois il tenta de pratiquer un coït normal pour la contenter, mais sans y parvenir. Et celle-ci finit par présenter des troubles nerveux, des spasmes, des tremblements, des accès de mutisme, proches de l’hystérie .Un médecin, consulté alors, pensa qu’il s’agissait d’une disproportion de leurs organes génitaux respectifs et prescrivit un lubrifiant .manixgellubrifiantx3.jpg

Le pauvre mari fit de nouvelles tentatives . Une fois il y réussit mais ne put renouveller l’expérience . Et elle fut enceinte et accoucha d’un enfant mort-né et succomba ensuite à une septicémie . Lui eut bien du mal à se rétablir . Quand il y parvint, son fétichisme reparut et il se rendit chez les prostituées . Là il choisissait les filles selon leurs chaussures et satisfaisait à merveille ses désirs .

Mais par suite d’un surmenage intellectuel, il présenta une bouffée délirante qui exigea une hospitalisation . Sans celà, il n’aurait sans doute jamais parlé de sa déviance sexuelle .

C’est un cas typique de fétichisme pur, sans masochisme et sans désir d’humiliation . Le fétichisme, en règle générale, est souvent lié au masochisme . Notre patient présente un fétichisme de pied chaussé auquel s’adjoint celui de la chaussure seule avec idée de collectionnisme

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Voici ci dessus un des dessins réalisé par le patient .

Il a pleinement conscience de sa perversion, il tente de la refouler et cela le rend encore plus malade, ce qui est toujours fréquent dans ces cas là . Il ne ressent aucune douleur lors du piétinement, celle-ci ne survient après l’orgasme . Cette analgésie psychique est connue dans bien des perversions sexuelles .

Ce type de pervers n’est pas dangereux . Il est souvent timide, doux, émotif et on le compare volontiers à une fille . Il s’interesse à un objet féminin : le soulier, qui, de toute évidence, est « vaginalisé » et le pied dans le soulier représente la copulation . Le fétichisme du soulier vide est nettement plus courant que celui du pied chaussé . Dans notre exemple, le patient présente les deux .

Un grand merci pour l’aide que Kraft-Ebing a apporté  à la rédaction de cet article .

15 août, 2007 à 13:30 | Commentaires (0) | Permalien


la Chlorose ou Cachexia Virginum

C’est une maladie toute féminine, souvent liée à un trouble des menstrues, et s’exprimant par des désordres variés de la nutrition et de l’innervation, un appauvrissement du sang et une décoloration bien caractéristique de la peau .

Elle commence souvent à la puberté, avec des problèmes dans l’apparition ou l’absence des menstrues . Parfois au contraire, les pertes sont trop abondantes . Au tableau s’ajoutent des douleurs vagues et irrégulières, sourdes ou lancinantes dans le bas ventre et les lombes et qui s’étendent rapidement aux organes digestifs . L’appétit se fait irrégulier, excessif ou dépravé . L’estomac est souvent douloureux et une constipation opiniâtre s’installe . L’urine est aqueuse . Il n’est pas rare de voir survenir alors des palpitations et des sensations d’oppression, un essoufflement considérable à l’effort, des maux de tête. Peu à peu, insidieusement, les forces musculaires s’en vont et l’énergie morale décline . Dans tous les cas la constante est une grande irritablité nerveuse .femmeencolre.jpg

C’est alors que la peau se décolore . La pâleur apparait d’abord aux gencives, aux lèvres et aux paupières . La sclérotique (le blanc de l’oeil) vire au bleuâtre, la peau se déssèche et devient froide . Tout ces symptômes vont en augmentant tandis que les menstrues, si elles existent, donnent un sang séreux à peine coloré qui ne gâte pas la literie . Des vertiges surviennent avec un trouble visuel qui rappelle beaucoup la coquine amaurose . La malade présente souvent une toux nerveuse incontrôlable . Les paupières, les chevilles enflent; un oedème se généralise . A la constipation peut très bien succéder une diarrhée . La faiblesse s’accroît avec des risques de syncope . Si la malade est livrée à elle-même, elle est capable de se laisser mourir en quelques jours non pas par la gravité réelle de sa maladie, mais plutôt par cette mélancolie et cette apathie qui s’emparent d’elle .

Il faut traiter énergiquement : avec des préparations ferrugineuses, et utiliser les amers comme la gentiane, l’aloés contre les maux d’estomac, la rhubarbe contre la constipation . La nourriture doit être fortifiante . Et il faut astreindre la patiente à des exercices physiques réguliers.exercicefminin.jpg

Ne pas hésiter à lui procure des excitations et des sensations modérées certes, mais suffisantes pour plaire à son imagination et à son coeur . C’est par les émotions douces et répétées que l’on guérit le mieux de la chlorose . Cette maladie est en réalité très proche de l’hystérie et peut même en devenir une complication . Souvent les causes sont à rechercher dans des émotions tristes du passé, des chagrins d’amour ou des amours forcés, des excès vénériens ou des abus d’onanisme .

Les chlorotiques sont toujours exposées à des rechutes . Et comme dans l’hystérie, le soignant doit rester attentif et doit savoir habilement s’emparer de la confiance de la malade et la conserver, en respectant jusqu’à un certain point, les illusions pénibles qu’elle entretient sur l’état réel de sa santé.

Savoir soigner sans contrarier, c’est là tout l’art de guérir .

15 août, 2007 à 9:34 | Commentaires (0) | Permalien


La Folie des Grandeurs

 » Le problème avec la folie des grandeurs, c’est qu’on ne sait pas où finit la grandeur et où commence la folie  » Oscar Wilde

C’est une des manifestations la plus spectaculaire et la plus fréquente de la folie : l’exaltation de la personnalité . On retrouve parfois cette pathologie associée à d’autres, mais elle existe aussi seule . Elle s’exprime alors par un délire de grandeur, un sentiment de satisfaction, des idées de richesse, de puissance, de super santé, etc…

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L’orgueil est tellement démesuré qu’il constitue à vrai dire le fond même de la maladie . Il s’agit là d’un véritable délire partiel, car mis à part sur ce point précis, le reste du raisonnement est parfaitement conservé . Et nous avons d’ailleurs souvent à faire à des personnes d’une intelligence remarquable .

Voici un exemple savoureux de par les idées délirantes qui y sont développées et nous remerçions Benjamin Ball de son concours pour la rédaction de ce texte :

Mr S passait une nuit à l’hôtel . Pour l’embêter, quelques jeunes gens ont fait semblant d’enfoncer sa porte . Et lui, se croyant attaqué par des brigands, leur jeta au visage le contenu d’un vase plein d’acide sulfurique dont il se servait pour exercer son métier de graveur . Incarcéré aussitôt, il fit l’objet d’une expertise médico-légale et on reconnu aisément chez lui un délire des plus exubérants . Lorsqu’il parle de sa vie arrive sur ses lèvres une véritable explosion naïve d’orgueil, il ne s’accorde que des éloges avec une simplicité déconcertante . Il se dit descendre d’une famille princière qui a perdu sa haute position à la suite d’idées généreuses mais un peu trop libérales . Et à part pour son père qu’il décrit comme un inventeur et un découvreur brillant mort trop jeune, il n’a pour le reste de sa famille que des paroles sévères . Très tôt il a du se débattre seul dans la vie .Mais déjà très jeune son génie s’est imposé : il a appris seul les arts, les sciences, les mathématiques et a découvert la quadrature du cercle . Il est devenu le père de la géologie moderne et considère les autres géologues comme des intriguants qui s’approprient le travail d’autrui . Parmi ses invention, on compte: le meilleur moyen de diriger un ballon et un autre, tout à fait révolutionnaire, pour propulser les bateaux en les équipant d’un jet d’eau arrière comme cela existe chez les poulpes .

poulpemoteur.jpg Il s’agit en fait d’un poulpe à moteur .
La marine française n’a pas voulu s’intéresser à sa découverte mais le gouvernement anglais lui en a donné une somme d’argent considérable qu’un intermédiaire malhonnête lui a dérobé . Il parle plusieurs langues et a inventé la langue universelle . En archéologie, il se dit supérieur à Champollion car il a trouvé mieux que lui la clé des hiéroglyphes . Il a publié à ses frais tous ses travaux et les distribue gratuitement avec le désintérêt du vrai savant .

Mais au résultat, cet homme illustre, ce génie est sans le sou et doit continuer, pour survivre, son petit métier de graveur, travaillant sous les ordres d’orfèvres ou de commerçants . Mais il conserve secrètement un ouvrage splendide de 80 planches gravées par lui et chacune est un véritable chef-d’oeuvre . En le publiant, il aurait de quoi bien vivre toute sa vie . Il sait qu’il peut faire fortune quand il veut .

En réalité cet homme vit dans ses chimères . Il s’est fabriqué un monde où il règne en maître alors qu’il n’a jamais été ni célèbre, ni artiste, ni chercheur . Et il dit mépriser l’argent comme la gloire et être insensible aux appâts vulgaires de l’ambition . Pourtant il est profondément égoïste, s’est détourné de sa famille, de ses amis et reste pénétré d’un orgueil gigantesque et naïf. Il n’est préoccupé que d’une seule chose : le développement de ses idées .

Que lui a-t-il manqué pour être un vrai homme de génie, un savant ? Peut-être une autre éducation, plus complète, peut-être plus de précision et de concision dans ses conceptions intellectuelles ! Ce qui a fait barrage, en réalité, c’est ce délire toujours présent, cette conviction de tout savoir . Sans cela il aurait peut-être poussé plus loin ses études et ses recherches ?

Dans chacune de ses paroles il exprime ce désir d’être le meilleur, invincible et il s’est persuadé lui-même d’être l’auteur de toutes ces inventions qu’il énumère en toute bonne foi . Sur ce délire des grandeurs se sont greffées quelques vagues idées de persécution : les autre sont des ennemis qui cherchent à lui voler son bien . Ce n’est pourtant pas un vrai persécuté, il n’a pas d’hallucinations de la vue et de l’ouïe .Par contre il est vraiment mégalomane, rayonnant de sa

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puissance logique et enchaînant ses idées sans se contredire . Il parvient à coordonner son délire et met toute son intelligence à le rendre crédible . Il étudie par avance les objections qu’on peut lui faire et prépare aussi les réponses . On le sent toujours armé de pied en cap pour discuter . Il reste figé dans ses idées . Il conserve de l’aversion pour la véritable amitié, préfère la solitude . Sa famille, entre autres, risquerait de révéler des souvenirs inopportuns …

 

14 août, 2007 à 10:52 | Commentaires (1) | Permalien


Le Tabès Dorsalis

Cette maladie est ancienne . Les Grecs l’appelaient « Lordofis » et les latins « lumbago » . On met en cause les mauvais aliments, comme les farines malsaines, l’humidité . On a connu des épidémies, surtout en Hollande . Mais le mal attaque surtout ceux qui se sont livrés à la débauche des femmes . Hippocrate en son temps trouvait que les personnes au tempérament un peu chaud y étaient plus sujettes . Dans tout les cas le mal entraîne une perte importante de la liqueur séminale, qui peut même se produire pendant le sommeil . Le Tabès dorsalis, toujours selon le père de notre médecine, « tire son origine d’une matière pituiteuse et peccante, de flatulences ou d’une humeur mélancolique, bile noire mêlée au sang, qui descend les vaisseaux comme un catarrhe, de la tête aux pieds en passant par l’épine dorsale (d’où le nom) . Cette chute d’humeurs âcres, tenaces et impétueuses, en provenance du cerveau, entraîne une fluxion qui attaque l’os sacrum et ensuite les articulations de la hanche « .

C’est donc une maladie du cerveau et de l’épine dorsale .

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Le symptôme principal est une grosse difficulté à la marche assez spéciale : le malade peine à tenir dans un équilibre toujours instable et lorsqu’il avance la jambe, il la jette malgré lui à droite et à gauche comme pour faucher et en frottant le sol avec les talons . Il est nécessaire de se méfier de ses coups de pieds violents qu’il peut donner avec autant de vigueur qu’un individu sain . Dans le noir, les yeux fermés, il lui est impossible de garder l’équilibre . Et le tout s’accompagne de douleurs fulgurantes dans les jambes, d’affaiblissement de la vue, de pertes séminales comme nous l’avons vu et d’excitation vénérienne ou d’impuissance . La sensibilité de la peau est aussi largement pervertie ou même abolie . Le malade souffre de maux d’estomac et de reins . Il devient assez vite sourd et aveugle . Ensuite arrivent les pertes de mémoire, des vertiges, de l’hébétude, des convulsions et des paralysies . En fin de maladie, on assiste à la chute des ongles, à des éruptions, à des déformations des os et à une atrophie musculaire .

Dans les causes, on retrouve des excès de fatigue de toute nature mais surtout les excès vénériens .zoophilie.jpg

Le Tabès est une maladie d’usure et la guérison est pour cette raison difficile . On retrouve parfois une syphilis ancienne, une chute ou une commotion .

Le traitement consiste à mettre le malade au régime naturel : on supprime toutes les substances susceptibles d’irriter le système digestif et le système nerveux, comme les sauces et les assaisonnements et ces boissons artificielles qui ruinent la bourse et l’estomac . Pas de vin ni de bière pas plus que de café de thé ou de cidre . Uniquement de la viande de boeuf et de mouton et 2 fois par jour . Des oeufs à volonté. Supprimer le hareng et les maquereaux . Prendre des légumes farineux et des pâtes .

Avec un tel régime, le bien être revient vite, le sommeil se retrouve, l’estomac s’apaise, le jugement devient plus sain et l’humeur plus égale . Il s’agit de supprimer les acides qui fermentent dans les organes et de s’en prémunir en prenant des préparations alcalines qui désengorgent les viscères, améliorent la circulation, facilitent les échanges nutritifs et éclaircissent les urines . On peut y adjoindre des injections de « Sel de Bismuth » contre les douleurs et l’insomnie . Et prendre des pilules hypnotiques à base d’opium, qui agissent dans l’heure qui suit .

Mais le Tabès est hélàs une maladie à évolution grave et pratiquement incurable .

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Elle punit sévèrement les hommes des abus qu’ils peuvent commettre .

Elle se transmet aussi malheureusement par l’hérédité et dans ces cas là on ne peut guère envisager de traitement efficace car il y a inévitablement des altérations importantes du côté de la moelle épinière et du cervelet .

C’est une des rares pathologies où l’on voit la matière cérébrale avoir tendance à se liquéfier et s’évacuer de l’organisme, réalisant ainsi une véritable ptose de l’encéphale . Effectivement il arrive que les écoulements pituitaires et peccants du cerveau s’en aillent par les voies urinaires et par les vésicules séminales, comme un vrai débordement . Ces signes , en général , font suspecter une fin prochaine et malheureusement dramatique à la maladie redoutable qu’est le Tabès dorsalis .

14 août, 2007 à 7:55 | Commentaires (0) | Permalien


Comment reconnaitre à coup sûr un masturbateur ?

De tout temps l’influence de l’onanisme a été volontairement exagérée .

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En réalité, la masturbation est une pratique qui remonte à des temps immémoriaux et qui a su s’imposer autant chez les patriarches bibliques que dans les milieux les plus chastes et les plus aseptisés de nos sociétés modernes . Aussi fréquente dans les deux sexes, elle aurait, semble-t-il, des conséquences moins importantes chez la femme, qui, de nature, supporte bien davantage que l’homme les excès vénériens . Mais si cette habitude avait réellement toutes les mauvaises influences qu’on lui reproche, l’espèce humaine ne serait plus depuis longtemps qu’un ramassi de sourds et de déments .sourd.jpg

Et pourtant ! La multitude de gens qui se masturbent pensent le faire sans inconvénient, ce n’est qu’une apparence . Peu à peu, ils émoussent sans le savoir le tranchant de leur intelligence qui aurait pu rester plus vive et plus droite sans ce vice .

Si on mettait un impôt sur la masturbation, comme il y en a sur le tabac et l’alcool, les controleurs seraient vite débordés . Car ce vice existe à tout âge . Il survit au mariage et continue même lors de la vieillesse comme en a fort bien témoigné notre ami JJ Rousseau dans ses « confessions » .

Cette perversité est souvent à rattacher à des causes purement physiques qui n’ont finalement pas, heureusement pour notre grandeur d’âme, de rapport avec une dépravation morale . Chez l’homme cette manie est largement provoquée par la constipation, les hémorroïdes et l’irritabilité de la prostate , et chez la femme, par les flueurs blanches, les déplacements utérins et par le développement anormal du clitoris, ce qui est assez fréquent . D’ailleurs, concernant ce dernier point, un éminent chirugien anglais nommé Baker Brown, avait décidé d’extirper ce petit organe qu’il jugeait inutile, chez toutes ses clientes . Il commit une grave erreur de jugement , le procès qu’elles lui intentèrent alors lui fit perdre et sa fortune et sa réputation . La cause la plus évidente qui prédestine au vice de l’onanisme, c’est évidemment l’hérédité : des parents névropathes font, on ne le sait que trop, des enfants dévorés par les mauvaises habitudes .

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Le masturbateur se reconnait facilement . Il a le teint plombé, la physionomie abattue, l’expression triste, le regard éteint, l’haleine fétide et souffre de maux d’estomac, d’amaigrissement notoire, d’affaissement musculaire et de troubles de la vue et de l’ouïe . Mais le premier symptôme qui doit éveiller les soupçons, c’est la paresse . Tous les masturbateurs se lèvent tard . Ensuite ils sont pris d’une aversion pour le travail et l’effort physique ou intellectuel . Très rapidement survient un affaiblissement de la mémoire et une tristesse sans motif .idiot.jpg

Le sujet est sombre et se réfugie dans le silence et la solitude pour continuer de s’adonner à sa passion néfaste . Alors à ce moment-là, il plonge soit dans la dépression, soit dans l’exaltation .

Le masturbateur déprimé se croit indigne de vivre, il réclame la mort, se dit perdu, damné et s’abandonne à un désespoir immense qui peut le mener au suicide . Certains s’en sortent en se jettant avec exagération dans des pratiques religieuses rédemptrices et salvatrices . Mais la dévotion excessive est bien peu raisonnable . D’ailleurs l’austérité insensée de certains religieux n’a souvent d’autre cause que la masturbation elle-même .religieuxfou.jpg

Le masturbateur exalté, lui, est pris dans un délire . Il se croit surdoué, se prend d’abord pour le Messie, puis pour un apôtre et enfin pour un martyr et s’enfonce sans merci dans la folie de la persécution .

Dans les deux sexes, l’épilepsie vient quelques fois se joindre au tableau pour aggraver davantage les troubles psychologiques . Et le masturbateur ne connaîtra pas d’autre issue, malheureusement, que la démence , tout en conservant ses habitudes vicieuses et cette attitude à la fois orgueilleuse et plaintive qui fait de lui un être vraiment insupportable .

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L’onanisme, faut-il encore le rappeler, est très fréquent chez les aliénés . Mais il faut y le voir non pas une cause, mais comme la conséquence de leur maladie . Une étude approfondie des antécédents permet toujours de distinguer les vrais masturbateurs de ceux qui n’ont contracté cette habitude que postérieurement à leur maladie .

5 août, 2007 à 14:46 | Commentaires (11) | Permalien


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