Prendre soin des autres

Les causes générales de la Folie

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A part quelques causes spéciales, comme la grossesse ou l’abus d’alcool, qui, on le sait, entraînent des formes particulières de folie, l’étiologie de cette maladie, encore de nos jours, reste bien obscure . Les maux de nerfs, spasmes, vapeurs, hystérie, etc…se distinguent des autres maladies par le fait que les recherches attentives des soignants ne font rien découvrir dans les organes . Et pourtant les malades semblent en être très affectés, ils souffrent réellement . Lorsqu’une hystérique affirme avec persuasion qu’une boule est en train de faire le yoyo dans sa gorge et qu’elle l’étrangle, il n’y a en réalité rien de tel . Quand un autre, pris de tintouin, entend des voix qui lui parlent dans sa tête, son cerveau, croyez-bien, est parfaitement normal . Et ces maux sont variables à l’infini . Mais s’ils empoisonnent l’existence des malades et celle de ceux qui les soignent, en fait, ils ne les menacent guère en général .

L’hérédité joue un rôle certain . La folie de la mère est plus fréquemment héréditaire que celle du père, c’est établi, et elle se transmet plus aux filles qu’aux garçons . Mais toutes les formes de folie ne sont pas systématiquement héréditaires . On conçoit que certaines prédispositions dues au tempérament peuvent agir, telles que la faiblesse d’esprit, l’originalité du caractère, la grande irritabilité nerveuse ou une imagination débordante . Et quelques conditions organiques aussi, comme la cessation des menstrues, les grossesses trop répétées, l’âge critique ou le retour d’âge, certaines habitudes de vie nocives dont les excès en tout genre, la violence des passions et les entraves qu’elles rencontrent, les chagrins, les vicissitudes de fortune, l’état général de la société, le mouvement des esprits, les agitations, les progrès de la civilisation politique contribuent puissamment à favoriser le développement de la folie . Il faut y rajouter encore l’éducation et surtout religieuse qui exalte les imaginations en comprimant les instincts et les penchants naturels .

L’imitation aussi est loin d’être sans action . Elle s’exerce parfois avec tant de véhémence et de violence pour donner lieu à une sorte de folie épidémique quand les conditions de lieu et de temps sont réunies . Enfin on ne peut méconnaître l’influence du vent, de la lune et des saisons sur l’explosion de la plupart des formes de folie . Il est fréquent aussi de constater que les aggravations sont souvent en relation directe avec l’élévation de la température .

Mais la cause première de tous ces maux, c’est toujours on le sait bien, une certaine pauvreté du sang que des causes morales viennent ensuite exacerber . On n’observe guère de folie chez les individus ayant les caractères d’un sang riche et pur . Nos malades affaiblis, à côté, en perte d’énergie vitale, n’ont plus la constance nécessaire pour lutter contre les troubles de leur système nerveux et en plus ils réagissent mal aux médications . Il faut donc commencer par assainir le sang en donnant nos pilules purgatives pendant longtemps, mais à doses par trop élevées pour ne point fatiguer . On citera quelques remèdes excellents comme le vin Cordial, la Valériane, le Fer, les Bains de toutes formes, l’exercice au grand air, les distractions et le Bromure évidemment pour combattre les éventuelles excitations .

2 mai, 2007 à 16:10 | Commentaires (2) | Permalien


La coquine Amaurose

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Cette maladie est une névrose du sentiment . Elles est toute particulière. C’est une perte de la vue sans que l’on ne retrouve aucune lésion visible de l’oeil . Quelque peu diablerie certes, mais il en est ainsi souvent de nombreuses maladies .

On pense que le plomb absorbé dans certains travaux peut en être responsable, ainsi que les tendances marquées aux urines mousseuses ou sucrées . Mais l’amaurose signe immanquablement un appauvrissement du sang .Chez certaines femmes nerveuses l’amaurose est l’expression de l’hystérie . Mais dans la plupart des cas, elle fait suite à un abus d’alcool ou de tabac . Les gros buveurs et les gros fumeurs doivent donc renoncer rapidement à leurs mauvais penchants quand ils en viennent à constater que leur vue s’affaiblit .

Si l’amaurose est liée à une intoxication par le plomb, il faut prendre très vite de l’Iodure de potassium à raison de 2 gr par 24 heures . Si elle est liée à la présences d’urines contrariées, il faut purger par des tisanes de feuilles de noyer et d’écorce de chêne pour celles mousseuses et boire de l’eau de Vichy, du Bicarbonate de soude (5 à 10 gr par jour) ou de la Crème de Tartre pour celles sucrées et surtout éliminer le sucre de l’alimentation . Trouble nerveux par excellence, l’amaurose est souvent sans cause réelle et simplement un symptôme des maux de nerfs, dans ces cas-là, il ne faut pas y accorder trop d’importance car la maladie et la malade ne s’en trouveraient aucunement soulagées .

2 mai, 2007 à 15:42 | Commentaires (0) | Permalien


LA BELLE LUETTE

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C’est ce petit appendice charnu et infécond dont l’origine remonte à des temps immémoriaux et qui nous reste aujourd’hui en travers de la gorge .

Quelques fois la luette est soit trop longue de naissance, soit s’est étirée dans le temps . Et elle peut ainsi, en s’appuyant sur la langue, descendre jusqu’à l’épiglotte et produire un chatouillement gênant et une toux sèche et épuisante . Comme le reste de la gorge, elle peut être aussi victime d’une esquinancie ou d’une angine couenneuse .

Pour soigner, il faut s’appliquer à faire adhérer à la luette de l’Alun en poudre fine, à l’aide d’une petite plume ou d’un pinceau très fin . Et ainsi l’organe reprendra peu à peu des proportions raisonnables . Mais la luette, comme le reste des couennes et des végétations diverses du nez et de la gorge, surtout chez les gros dormeurs, s’enflent parfois on ne sait trop pourquoi . Et cette enflure, ce qui n’est pas rare, peut s’accompagner d’un enchifrènement responsable de ronflements sonores et intempestifs . On constate alors un gonflement de toute la membrane qui tapisse les fosses nasales , ce qui rend le passage de l’air très difficile . Dans ces cas, si l’Alun en poudre n’est point assez efficace, on peut avoir recours au fer rouge qui, tout en raccourcissant les couennes, cautérise très bien . Il est conseillé de ne l’utiliser qu’après avoir donné au patient une bonne dose de Laudanum

2 mai, 2007 à 5:34 | Commentaires (10) | Permalien


Aïe mon Anus !

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Dans les replis de votre fondement, il se peut qu’un jour seproduisecomme une crevasse allongée, espèce d’écorchure étroite risquant de suppurer légèrement et siège d’une douleur exquise pendant l’évacuation surtout : c’est une fissure . Tous les malades qui l’ont connue en redoute la souffrance par dessus tout au point d’en devenir constipés, sans se douter que c’est la constipation elle-même qui est responsable de cette sournoise affection . Par souci d’honnêteté, il faut bien admettre que la guérison est difficile et le traitement assez pénible . Mais heureusement, que le malade se rassure, il peut se panser lui-même . Il faudra commencer par éviter la constipation en prenant les pilules et les laxatifs tous les jours de manière appropriée pour donner une selle, mais pas plus, car il ne faut point irriter davantage .

Lors de l’évacuation, on poussera fort afin de faire sortir le fondement et on aura soin aussitôt de le laver à l’eau tiède délicatement . On y appliquera dessus une pièce de linge vieux et doux large comme la main et recouverte d’une couche généreuse d’onguent à base de Goudron de Norvège (20gr), de Colophane (100gr) et de suif de boeuf ou de mouton (100gr) que l’on aura préalablement chauffé et mélangé . Il est possible d’en préparer à l’avance car cet onguent ne se gatte jamais . A L’aide du doigt médius, poussez pour faire rentrer l’emplâtre et le fondement de concert ! Il faut que le doigt pénètre tout entier .

Un pansement par jour peut permettre d’obtenir la guérison, mais si le malade est assez courageux, il peut en faire deux, ce qui est mieux . A défaut de cet onguent, on peut prendre celui de Styrax ou de la pommade de Ratanhia des apothicaires, employés de la même manière . Et une fois guéri, surtout, n’oubliez pas qu’il ne faut jamais négliger la liberté du ventre !

30 avril, 2007 à 15:36 | Commentaires (0) | Permalien


combattre les pollutions nocturnes et les habitudes secrètes

Les pollutions nocturnes, qu’elles soient volontaires ou involontaires, peuvent être nuisibles ou non nuisibles et, malgré quelques différences, on doit admettre qu’elles ont la même importance dans les deux sexes .

Les pollutions non nuisibles sont l’affaire de gens, homme ou femme, qui, de gré ou de force, observent une continence . Il peut arriver alors que le système génital devienne le siège d’une sorte de congestion naturelle, d’une plénitude qui réagit sur le cerveau et amène des pollutions surtout nocturnes . Ces cas isolés ne sont pas à considérer comme préjudiciables à la santé .

Mais pour les pollutions nuisibles, il en va tout autrement . Elles sont bien plus fréquentes, provoquées par un coucher trop moelleux, par une surexcitation du cerveau due à des lectures ou à des tableaux agissant trop vivement sur les sens . De toute évidence, l’imagination est fortement déréglée, le système nerveux surexcité et la manière de vivre trop molle . Et il en résulte inévitablement un affaiblissement proportionné à la mesure de l’excès subi par l’économie . Lorsque cet excès est prononcé, le sujet vient à perdre ses forces, il pâlit, se sent vite oppressé et devient irrémédiablement triste . Son visage prend une expression particulière qui révèle bien la cause de son mal . Et quelque soit la part qu’occupe la volonté dans ce dérèglement, ces excès sont la cause d’une débilitation qui peu à peu, finit par empoisonner l’existence au point de vue moral, intellectuel et physique . Le sujet s’enfonce dans une timidité quasi maladive, il est craintif et facilement irritable . La peur d’être deviné le porte à fuir toute société et surviennent alors, pour compliquer le tableau, des troubles digestifs . Si les excès sont poussés trop longtemps, la raison se perd, l’intelligence faiblit, le marasme s’installe et la phtisie guette . On risque d’avoir alors des êtres saisis d’une langueur telle qu’elle peut les amener à la fin de leur existence .

Dans les gestes pour traiter, il faut surtout avant tout, faire appel à la raison et vouloir se préserver des suites funestes qui suivent ces plaisirs trop faciles . Il faut réfréner l’imagination et ne pas se forger des chimères de personnes trop séduisantes . Et pour fortifier les bonnes résolutions que la raison nous suggère, il est impératif d’éviter l’oisiveté, le travail sédentaire, les lits trop mous et trop chauds . Pour les cas où les excès ont déjà compromis la santé, les mesures doivent être plus radicales : prendre des remèdes ferrugineux, du vin de muscade ou de quinium, adopter un régime fortifiant à base de viandes rouges et de vin, faire des bains de mer et de rivière et veiller à se faire attacher les mains pendant le sommeil .

Mais souvent ce traitement ne suffit pas, car le besoin qui cause tant de souffrances cachées et qui entraîne tant d’êtres à compromettre leur santé morale et physique, ce besoin ne saurait être supprimé uniquement par des bonnes paroles et des conseils . Les individus arrivent à s’abandonner complètement à ces pollutions nocturnes qui les épuisent et quand ils y résistent, ils s’exposent, on l’a vu souvent, à contracter ces affections nerveuses telles que l’hystérie, l’hypochondrie, le satyriasis, la nymphomanie, etc… Ces personnes devront apprendre à se servir du Bromure de potassium à la dose de 2 à 3 gr le soir dans un verre d’eau . Pour celles qui craignent le goût trop salé, il y a le Sirop parfumé aux oranges amères de Laroze, le remède par excellence de l’excitation maladive des organes génitaux .

30 avril, 2007 à 15:21 | Commentaires (3) | Permalien


La PETITE VEROLE

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C’est une affreuse et redoutable maladie pustuleuse, au traitement parfois difficile à conduire . Il faut s’assurer au début, que le malade ne quitte pas le lit et qu’il soit très peu couvert, car il craint énormément la chaleur . Il faut aussi aérer souvent la chambre pour ne pas que persiste l’ »odeur de malade » (effectivement les suppurations qui vont suivre seront malodorantes, et puis renouveler l’air, chasse les miasmes! ). Autant que possible le soignant doit permettre à l’éruption de se faire à l’aide de boissons chaudes, mais on doit éloigner le malade de la chaleur du feu qui serait nocive .

L’essentiel est d’éviter que l’éruption se fasse au visage . Alors on enduit toute la tête jusqu’au bords des cils et des narines d’une couche mince d’onguent à base de Goudron de Norvège, de Colophane et de Suif de boeuf ou de mouton bien mélangés . On répend par dessus cette préparation de la fécule de pommes de terre ou de l’amidon en poudre . Il faut maintenir ce masque le plus longtemps possible jusqu’à ce que la suppuration soit terminée . On préserve ainsi le malade de ces marques qui risquent de le défigurer ensuite pour toujours . S’il développe des pustules sur les paupières ou même à l’intérieur, il faut les percer sans attendre la formation du pus avec la pointe d’un canif bien aiguisée et cautériser alors avec la teinture d’iode ou une pointe de feu . On rince l’oeil ensuite abondemment avec de l’Eau de guimauve . Sur le reste du corps, dès que les pustules sont remplies de pus, il faut aussi les ouvrir, une à une, avec le canif . Et laver avec de l’Eau de Goudron tiède, du Coaltar Saponiné ou de l’Eau Phénique et ceci plusieurs fois par jours .

30 avril, 2007 à 10:22 | Commentaires (0) | Permalien


Le Douloureux Pityriasis

pityriasis21.jpgSi tout à coup votre peau s’enflamme et se couvre par plaques, de tâcpityriasis.jpghes rougeoyantes sur lesquelles s’installe une desquammation farineuse, vous êtes peut être atteint du fameux Pityriasis . Le mal devient très vite insupportable, et la douleur vous empoigne . Sur tout le corps, vous ressentez comme un gonflement accompagné de chaleur, et voilà qu’un prurit important s’en mêle . Ensuite des squames arrivent bien vite, épaisses et dures, espèces d’écailles furfuracées lamelleuses bien peu gracieuses .

S’il n’est pas limité à la tête, le Pityriasis peut être grave, car il est capable d’envahir les organes internes et donner lieu à des ulcérations intestinales . Par chance, très souvent, il prend seulement la tête . Chez le nouveau-né, il la recouvre d’écailles imbriquées les unes dans les autres, comme les tuiles d’un toit, et chez l’adulte, d’une espèce de poussière farineuse que le malade détache par plaques . S’installant sur le cuir chevelu, le Pityriasis prend le joli nom de « Teigne Amiantacée » reconnaissable à ces écailles épidermiques qui entraînent tous les cheveux dans leur chute .

Pour en venir à bout, on préconise des bains adoucissants, avec des onctions émollientes des cataplasmes et des lotions alcalines . Mais n’oubliez pas dans tous les cas, et surtout dans celui du Pityriasis généralisé, l’indispensable régime sévère et les purgations saines qui traiteront énergiquement l’altération sanguine responsable .

30 avril, 2007 à 10:04 | Commentaires (0) | Permalien


L’Huile de foie de morue

huiledefoiedemorue.jpgLa renommée de cette médication n’est plus à faire . Tous les médecins dmonde la connaissent . Elle est particulièrement adaptée à toutes les maladies chroniques, comme dans les humeurs froides, les engorgements de glandes, les flueurs blanches, le carie des os, les maladies de poitrine qui entrainent la consomption, les gourmes, toutes les affections pustulleuses, les dartres rebels et même le rachitisme . Pour tous les patients atteints de ces troubles, l’huile de foie de morue doit absolument produire de bons effets .

Mais il se trouve que parfois, et c’est indéniable, ces bons résultats ne se produisent pas . La raison en est que sur tout le globe, on fait une telle consommation d’huile de foie de morue que les pêcheurs ne parviendraient pas à trouver dans la mer assez de morues pour fournir cette énorme quantité de produit . Il est donc certain que des milliers de malheureux malades sont trompés, on leur vend de l’huile frelatée, celle de baleine, de phoque ou de toutes sortes d’autres poissons qui ne sont pas de la morue . Les apothicaires eux aussi, sont très souvent dupés par des marchands en gros peu scrupuleux . Car il est très difficile de distinguer la vraie huile de la fausse . Ainsi abusés, malades et médecins abandonnent une médication qui était pourtant excellente . Ces fraudes sont criminelles car elles compromettent largement la santé et la vie des malades .

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Alors comment faire ? Il est pratiquement impossible d’atteindre les coupables et de les punir . Comment faire pour ne plus se faire avoir ? Il faut absolument se défier des produits vendus au rabais par des marchands ambulants, par correspondance ou par tout autre moyen moderne . Il faut exiger de votre vendeur, apothicaire ou autre, une huile portant bien la marque de fabrique d’une maison honnête comme il n’en existe pas beaucoup malheureusement, exigez l’huile de foie de morue de Berthé, ou celle de M Despinoy. Cette huile est la seule qui a obtenu l’approbation de la faculté de médecine .Ce sont des  maisons d’une grande honnorabilité et les malades peuvent s’y adresser directement ou par l’intermédiaire de leur apothicaire . Exigez la signature de M.Berthé qui figure sur les étiquettes et qui est notre garantie, ou celle de M.Despinoy .

30 avril, 2007 à 8:23 | Commentaires (1) | Permalien


la FUREUR UTERINE

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Il n’est guère de maladie plus opiniâtre . C’est une névrose réservée aux femmes, caractérisée par une excitation morbide des organes génitaux et un penchant insolite et insatiable à l’amour physique . On ne doit cependant pas la confondre avec le délire érotique qui complique parfois l’hystérie ou certaines formes de folie comme la monomanie . A elle seule la fureur utérine est une perversion de l’instinct génital . Il s’agit d’une prédisposition organique marquée par une espèce de « tempérament génital » qui se traduit par des caractères physiques particuliers : prédominance du système nerveux, muscles charnus et développés, très peu d’embonpoint, poils noirs abondants et hirsutes, grande bouche, lèvres épaisses et d’un rouge vif, dents blanches et souvent des formes très accusées dans les parties où le sexe se révèle .

Parmi les causes, on retient la privation des jouissances regrettées, des désirs fréquemment excités sans être assouvis, un onanisme poussé à son excès, une irritation des parties génitales par un dartre rebel ou par la présence toute proche de vers dans le rectum .

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La crise de fureur peut se déclencher inopinément par des penchants soudains pour des plaisirs vénériens, par une imagination lascive et des besoins physiques immodérés . Cette soudaine passion s’annonce par une sensation de chaleur vive, un état de spasme, un prurit des organes génitaux et des seins, un écoulement vaginal intarissable . La malade ne tient plus en place et déambule les jambes écartées . Tout mouvement ou tout contact répond à l’utérus . En même temps son imagination s’enflamme, ses yeux et son teint s’animent .Cette ardeur laisse parfois place à des moments d’abattement et de tristesse comme si la raison, la pudeur, cherchaient en vain à lutter contre le désordre des sens . Sans pouvoir abattre ce feu ardent qui les consume, ces pauvresses tentent de trouver un soulagement dans des attouchements solitaires insuffisants et bien éphémères . Car ensuite le mal redouble de violence et la malade n’est alors plus maîtresse d’elle-même . Ses paroles, ses gestes expriment toutes ces idées qui l’obsèdent . La vue d’un homme exalte ses désirs et déclenche des spasmes voluptueux des organes génitaux . En pleine fureur, elle s’abat sur lui et l’agresse de ses prières ou de ses menaces . Au mépris de toute morale et des sentiments religieux les plus sincères, elle est capable de se donner à n’importe qui, elle recherche même les embrassements des femmes, on en a vu abandonner enfants et parents pour se jetter dans la prostitution ou même appeler au secours de leurs sens jusqu’à des animaux . Durant cette crise, le visage des malades devient rouge, l’haleine est fétide, la bouche brûlante et les parties génitales fortement turgescentes .

Lorsque la fureur a atteint son paroxysme, elle peut donner suite, après quelques jours ou semaines, à un anéantissement physique et à une prostration absolue . Le pouls se fait misérable, les hoquets sont fréquents, la malade laisse échapper des rires sardoniques, une sueur froide générale recouvre son corps et annonce la mort qui ne tarde guère à suivre ( un ou deux septénaires tout au plus .)

A l’autopsie, on trouve des désordres importants dans les organes génitaux, comme une inflammation généralisée, quelques dégénérescences variables, voire quelques kystes, une affection granuleuse et systématiquement un gonflement considérable du clitoris .

Le traitement peut parfois se réduire à la satisfaction des besoins physiques, ce qui est rarement suffisant . Les jouissances vénériennes, on le sait, irritent plus qu’elles n’apaisent les désirs effrénés . Il faut donc parvenir à calmer le système nerveux grâce à des bains froids, des immersions prolongées à l’extérieur dans de l’eau glacée, des lavements composés d’anti-spasmodiques et d’anti-aphrodisiaques . Ne pas hésiter à utiliser largement le bromure de potassium . Il faut aussi traiter l’affection prurigineuse ainsi que la présence de vers .

Mais surtout, surtout, moyen indispensable, éloigner toute cause d’excitation comme la présence des hommes ou même celle des animaux . Il est nécessaire de surveiller étroitement la malade, et de la fatiguer fortement par des exercices physiques ou des travaux manuels et au besoin, la séquestrer, mains attachées, dans le noir absolu .

29 avril, 2007 à 17:59 | Commentaires (0) | Permalien


L’analyse des urines

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La fonction essentielle de l’urine est d’emporter hors de l’économie toutes les matières salines apportées par les boissons et les aliments . Elle est donc plus ou moins salée et plus ou moins colorée selon la température, la fatigue, la transpiration, l’hydratation, etc… Si elle ne renferme pas assez d’eau, les sels qu’elle contient peuvent se déposer dans la vessie et former des graviers ( d’où ce nom de « gravelle » pour désigner la formation de calculs ) . Ces graviers sont semblables à ceux que l’on peut observer dans l’urine du matin des fièvreux, une fois qu’elle s’est refroidie .

Si en tombant dans le vase l’urine mousse fortement, c’est qu’elle contient de l’albumine, une substance ressemblant à s’y tromper au blanc d’oeuf . Certains plaisantins, voulant se faire passer pour malades, connaissent cette tromperie . Pour les confondre, il suffit de faire bouillir l’urine . S’il se produit un trouble, un dépôt blanc plus ou moins épais, cela signe la présence indiscutable d’albumine .

Parfois l’urine contient tant de sucre qu’avec seulement 6 litres on pourrait fournir plusieurs centaines de grammes de sucre (quelques industriels peu scrupuleux ont d’ailleurs imaginé pouvoir en tirer profit, mais l’académie de médecine s’y est heureusement opposée) .Les patients sont dans ces cas-là toujours très assoiffés .Mais le meilleur moyen de diagnostiquer la présence de sucre est encore de goûter . Pour ceux que la tâche répugne, une autre technique est aussi très efficace: on répend quelques gouttes d’urine sur le sol, si les fourmis surviennent, c’est qu’il y a du sucre .

Parfois l’urine contient des glaires, en nuages plus ou moins épais, du moment même où elle est pissée . Cela indique que les conduits urinaires sont malades comme c’est le cas dans le « catarrhe aigu de la vessie », les « echauffements des urines » ou les « pissements de sang » . Dans toutes ces maladies avec fièvre, l’urine est en général peu abondante et fortement colorée .

Pendant la purgation, il arrive que les urines soient chargées et qu’il s’y forme un dépôt après refroidissement . C’est signe que le purgatif ne produit pas seulement son effet par les intestins, et qu’il évacue aussi une partie des matières nuisibles à l’économie par les voies urinaires . Il se peut que l’on ressente alors une douleur au passage de l’urine, que l’on parviendra facilement à calmer avec une bonne tisane de queues de cerises .

29 avril, 2007 à 8:10 | Commentaires (2) | Permalien


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